Covid 19 : Les stations de ski mobilisées pour sauver les vacances de février

Lucides sur la forte probabilité de voir la fermeture des remontées mécaniques prolongée le jeudi , les stations de ski françaises espèrent que le gouvernement suivra les préconisations du secteur pour au moins sauver les vacances de février, cruciales pour leur économie fragile.

Domaines skiables de France (DSF) a enjoint  le gouvernement "à l'action et à la prise de décision", alors que celui-ci ne s'est toujours pas officiellement prononcé sur la date du 7 janvier, avancée en décembre pour la réouverture des remontées mécaniques.

"C'est l'incertitude qui est la plus délicate", avance Éric Bouchet, directeur de l'office du tourisme des Deux Alpes (Isère). "Pour que la saison se prépare il faut (...) permettre aux réservations d'être prises, préparer le domaine, les équipes et organiser le recrutement et le logement des saisonniers.""Ce n'est pas en claquant des doigts qu'on va rouvrir une station et passer de 0% à 100% d'activité du jour au lendemain"., abonde Vincent Gatignol, directeur de la station de Super Besse, dans le Puy-de-Dôme.

"Ce qu'on voudrait, c'est qu'on puisse envisager une ouverture sous conditions, avec par exemple un système de jauge. Mais le plus tôt possible parce que le point d'orgue reste les vacances de février", poursuit Akim Boufaïd, directeur de la station de Saint-Lary, dans les Pyrénées françaises.

"On a besoin du ski alpin car il fait vivre le territoire l'hiver. On a pu s'en passer un peu, mais il va vite falloir qu'un retour à la normale s'opère. Pour
l'heure, nous n'avons pas de demande de séjour pour février", s'inquiète Christophe Lebel, directeur de l'office du tourisme des stations fusionnées d'Autrans et de Méaudre, sur le plateau du Vercors (Isère).  

  Déjà une facture d' 1,5 milliard 

Dans un premier bilan d'étape de la saison, les professionnels de la montagne ont fait état cette semaine d'un taux d'occupation en "chute libre", évoquant la perte de chiffre d'affaires de l'ensemble de la filière à 1,5 milliard d'euros sur les deux semaines des congés de Noël, "une catastrophe économique pour tout l'écosystème de la montagne".

Sur la quinzaine de Noël, le bilan comptable des remontées est évidemment limpide: "zéro activité et zéro chiffre d'affaires. C'est d'autant plus rageant et frustrant que cela faisait deux ans que l'on n'avait pas eu autant de neige

"En dépit d'une fréquentation moins faible qu'attendu, les recettes aux Deux Alpes ont chuté de 99%. "On peut faire de la raquette, de la luge, de la randonnée, mais tout cela est gratuit et occasionne quand même des charges pour la station: entretien et damage des pistes, organisation des secours,
déclenchement préventif d'avalanches, navettes, déneigement...", souligne-t-il.


Dans le Vercors, où le tourisme a chuté de moitié durant les fêtes, les professionnels estiment que les stations ont su "limiter la casse" avec une  diversification d'activités, historiquement plus ancrée qu'ailleurs dans les Alpes.


  " Le 20 janvier ou rien "


"Le plus important c'est qu'on ait une date définitive, qui ne peut pas être postérieure au 20 janvier", affirme M. Bouchet, des Deux Alpes. "Si ce n'est pas le cas, cela pourrait signifier ne pas ouvrir en février et par effet domino ne pas rouvrir de la saison".

"On a vraiment un sentiment de discrimination. Aujourd'hui, les protocoles anti Covid-19 élaborés avec les préfets sont pertinents, avec la mise en place de tests, des hébergements réquisitionnés pour isoler, et des protocoles pour l'accès aux remontées. Et puis en Isère, on a établi que moins de 10 personnes sont susceptibles de descendre en réanimation, pour nous la question n'est donc pas celle de la traumatologie",
poursuit-il.

"Le 20 janvier au plus tard, ça nous permettrait de mettre en place les protocoles et de prouver qu'ils fonctionnent", explique M. Lebel. "À quatre semaines des vacances de février, l'enjeu est majeur pour remettre en route les stations, privées de 80% d'activité à Noël", insiste Domaines skiables
de France, estimant que "le ski n'est pas une activité à risque".    

Reste à savoir si cela suffira à convaincre Emmanuel Macron, qui a reçu de la part du maire de Châtel, en Haute-Savoie, deux forfaits de ski en guise de voeux,
 

 

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