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Décodage du discours d'Eric Piolle nouveau maire de Grenoble

"Je serai un maire à l'écoute, un maire qui respecte, un maire qui rassemble par-delà les clans!", les premiers mots du discours d'Eric Piolle, officiellement élu maire, cachaient comme une mise au point avant de démarrer un travail "ensemble", répétera-t-il à l'envie. 

Par Franck Grassaud

"Aujourd'hui je souhaite que nous soyons tous soudés autour d'un même objectif, d'un bel objectif qui nous dépasse (...) faire de Grenoble une ville pour tous, une ville qui prend un temps d'avance, une ville où il fait bon vivre dans chaque quartier", dans son entrée en matière Eric Piolle a appelé à l'unité, "au-delà des appartenances", pour le salut d'une ville "qui met l'humain au centre", "une ville de progrès". "Grenoble est une ville qui bouillonne, c'est une chance, faisons la vivre!". "La ville de Grenoble est belle lorsqu'avec ses habitants, elle innove". Mais très vite, le fin démocrate a tenu à remettre les choses à plats, à dire ce qu'il avait sur le coeur, comme pour remettre les compteurs à 0. 

   >>> Revoir l'intégralité du discours

Une pique à gauche


Première pique... à gauche, en direction de la majorité sortante, semble-t-il. "Nous avons 6 ans pour retisser le lien entre les habitants et la municipalité", les socialistes au pouvoir depuis 19 ans se voient d'un coup soupçonnés d'avoir rompu ce lien. Et ça continuait avec la promesse "de prendre le temps de co-construire". Si on lit entre les lignes, on pense à des projets comme celui de l'Esplanade pour lequel des habitants ont dit et répété qu'ils n'avaient jamais été entendus. "Contrairement aux idées reçues, la démocratie n'est pas un luxe, n'est pas une perte de temps!", ajoutait alors le nouveau maire, "les passages en force que notre ville a pu connaître par le passé nous ont fait perdre du temps". 

 / © La tirade suivante sonnait comme une mise en garde à tous les conseillers municipaux, y compris aux partenaires d'Eric Piolle, les élus du Parti de Gauche: "la politique moderne ce n'est pas de tordre la société pour faire rentrer telle ou telle idéologie ou telle vision partisane, le temps des dogmes et des prophètes est résolu". 

Eric Piolle a pourtant joué les prophètes dans la foulée avec une parabole citoyenne: "Nous voulons que Grenoble soit la ville de l'écoute et du respect, de l'égalité des droits, la ville ou personne ne reste sur le bord du chemin, la ville qui parie sur l'intelligence et sur la solidarité."

Le nouveau premier magistrat a ensuite enchaîné sur la vie politique du conseil municipal, insistant sur un nécessaire rassemblement "au nom de notre attachement à Grenoble." "Tous les débats sont légitimes tant qu'ils servent l'intérêt général." "Je ne tolérerai aucune caricature et aucun abus de pouvoir d'où qu'il vienne." 

Une pique à l'extrême droite


"Je le dis clairement, ce n'est pas parce que le Front National a réussi à pénétrer dans cette assemblée qu'il cesserait à nos yeux de porter un projet qui comporte des zones d'ombre et des idées dangereuses. Si certains voulaient l'oublier ou ne pas en tenir compte, je serai de ceux qui rappelleront ce que portent ces idées à chaque fois que nécessaire". "Je resterai lucide et je souhaite que nous le soyons tous", ajoutait Eric Piolle, parlant de "fauteurs de haine".

Pendant son discours, le nouveau maire a aussi parlé de l'exemplarité des élus. Faisant mine de donner une règle d'avenir, ne s'adressait-il au passé de Grenoble: "je ne cautionnerai pas qu'un élu condamné pour corruption puisse envisager des responsabilités dans cette assemblée et je sais que je serai soutenu".  

Malgré ces piques distribuées, Eric Piolle a conclu son discours en proposant à l'ensemble des élus d'écrire "ensemble une nouvelle page de la belle histoire Grenoble"'. "Au travail, maintenant!". 

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