Déconfinement : ce que ces Auvergnats rêvent de faire le 11 mai

Angélique, 31 ans, rêve de parcourir de nouveau la région auvergnate avec le déconfinement / © Angélique Mangon
Angélique, 31 ans, rêve de parcourir de nouveau la région auvergnate avec le déconfinement / © Angélique Mangon

Voilà près de deux mois que la France est confinée à cause de l’épidémie de coronavirus. Alors quelle est la première activité sur laquelle vont se ruer les Auvergnats dès lundi ?

Par Anne-Claire Huet

« Aller chez le coiffeur », voilà ce dont Aurélien, 33 ans, rêve pour le déconfinement le 11 mai prochain. Comme lui en Auvergne, ils sont nombreux à s’imaginer en train de passer de nouveau la porte d’un salon de coiffure. Ou à pratiquer une activité interdite depuis plus de deux mois. Même si pour certains, le rêve ne sera pas encore réalisable, étant donné les restrictions toujours existantes.

Fini les crinières indomptables


Le Clermontois avait tenté d’aller chez le coiffeur trois jours avant le début du confinement, sans succès. « Déjà à cette époque, il y avait urgence, raconte Aurélien, depuis, mes cheveux sont devenus une crinière indomptable. Je complexe à l’idée de sortir dehors avec cette tignasse. Si certains ont pris deux kilos avec le confinement, moi je vais en perdre deux avec ma nouvelle coupe »

Sonia compte bien perdre elle aussi « un ou deux kilos ». Pas en se rendant chez le coiffeur, mais chez l’esthéticienne. « J’ai tellement attendu que je suis dépassée et c’est la seule personne qui peut me sauver, confesse-t-elle, j’y serai lundi à la première heure ».

« J’ai réussi à avoir un rendez-vous chez le coiffeur dès le premier jour, se félicite Timothée, ma coiffeuse a beaucoup de demandes, mais elle a décidé de réserver le premier jour pour ses clients les plus fidèles, dont moi. Et clairement je lui dirai : coupez court ! ». En ce moment, il ressemble au professeur Tournesol avec un crâne dégarni et de jolies boucles sur le côté. « Le premier mot qui me vient à l’esprit lorsque je me vois dans la glace le matin, c’est : hirsute ».

Une envie d’évasion


Pour Angélique, qui passe son confinement à Saint-Jean-des-Ollières dans le Puy-de-Dôme, le rêve c’est un bassin d’eau chlorée. « J’allais deux fois par semaine à la piscine, j’avais même prévu de prendre des leçons pour me perfectionner ». Malheureusement pour elle, les piscines seront encore fermées, pour une date toujours indéterminée. Alors, elle se console en allant voir des amis à Clermont-Ferrand. Puis en allant crapahuter avec sa soeur dans la région. « Ma soeur hallucine que je connaisse si peu le Puy-de-Dôme alors on va se rattraper », confie-t-elle.

Une envie de nature partagée par beaucoup. Maÿlis a de la chance ; elle est confinée dans la maison familiale à Bressolles (Allier) avec jardin et piscine. Mais dès qu’elle le peut, elle part en randonnée sur les bords de l’Allier sur le chemin des marmottes. Magalie, elle, partage ses envies d’évasions. Elle connaît par coeur son quartier d’Aubière et aimerait balader sa chienne Poppie un peu plus loin. Le dalmatien n’a que 10 mois et il va falloir « la réhabituer à la voiture ainsi qu’à socialiser avec les autres chiens ». Un vent de liberté pourrait souffler pour Poppie si Magalie trouve des chemins où elle peut enfin lui retirer sa laisse.

D’autres encore n’attendent qu’une chose : revoir la mer. C’est le cas de Marie-Astrid et de Joséphine. Mais les deux Auvergnates devront encore patienter : la mer ou l’océan n’entrent pas dans le rayon des 100 km autorisés.
 

Retrouver ses proches


Pour certains, le 11 mai sonne la fin de l’isolement. Line Pain, 58 ans, n’attend qu’une chose : que tous ses enfants soient enfin réunis dans la maison familiale pour un déjeuner. Béatrice, 96 ans, a presque le même souhait : revoir ses enfants. Même si elle a eu la chance de vivre le confinement avec l’un d’entre eux et ses deux petites-filles. 

Aurore, quant à elle, n’a qu’une hâte : « retrouver en vrai ma bande de copines ». A défaut de pouvoir « boire une bière au soleil, aller au restaurant ou au cinéma ». Une envie de boire des cafés en terrasse qui taraudent également la Moulinoise Adélaïde. Tout comme celle d’enfin pouvoir serrer ses amis dans ses bras ou leur faire la bise. Mais le 11 mai, gestes barrières et distanciation physique oblige, tout cela ne sera pas encore possible.

Arrêter de « transpirer en croisant une voiture de flic »


Enfin pour certains, déconfinement rime avec soulagement. C’est le cas de Jeanne, Moulinoise rentrée d’Irlande fin décembre, qui cherchait du travail. Elle commence le 11 mai un nouvel emploi : du baby-sitting tous les après-midis. Un vrai bol d’air financier.

Le 11 mai est également perçu comme une libération. Adélaïde en a marre d’être « fliquée » dès qu’elle met le nez dehors. Pour Aurélien, « Tu transpires beaucoup à l’idée de voir les flics dès que tu prends la voiture, quand bien même tu es dans les clous. J’ai hâte de retrouver davantage de sérénité en les croisant ». Espérons que son souhait soit exaucé. Car policiers et gendarmes continueront à patrouiller, pour s’assurer notamment que les habitants ne dépassent pas les 100 km autour de leur domicile. 
 

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