Déconfinement pour les parcs et le zoos de la région cette semaine

Le Safari parc de Peaugres, le Jardin aux Oiseaux d’Upie, la Ferme aux crocodiles de Pierrelatte... Après deux mois de fermeture pour cause de coronavirus, parcs et zoos sont nombreux à rouvrir leurs portes cette semaine, en s'adaptant aux nouvelles règles sanitaires.

Un couple de lémuriens, du Jardin aux oiseaux d'Upie dans la Drôme
Un couple de lémuriens, du Jardin aux oiseaux d'Upie dans la Drôme © Parc des Oiseaux d'Upie (Drôme)
Ils ont été confinés comme nous :  les félins du safari parc de Peaugres en Ardèche, les gorilles de Saint-Martin-la-Plaine dans la Loire et les crocodiles de la ferme de Pierrelatte dans la Drôme. Aucun visiteur depuis deux mois dans les parcs et zoos de la région. Un manque à gagner considérable pour ces lieux touristiques, il était donc important pour la plupart d'entre eux de rouvrir au plus vite.
 

Des règles sanitaires à respecter

 Le premier à accueillir à nouveau du public, c'est le Jardin aux Oiseaux à Upie. Mais pas dans n'importe quelles conditions. « Nous avons réorganisé le flux des visiteurs pour qu'ils ne se croisent pas, les allées sont larges, c'est facile pour nous à mettre en place », explique Alexandre Liauzu, le gérant du site. Comme pour tous les lieux qui ont souhaité rouvrir cette semaine, il a fallu demander une autorisation au préfet et se plier à la réglementation : parcours modifiés, marquage au sol, désinfection des lieux ouverts au public, mise à disposition de gel etc... Pas de restaurants. Et pas de rassemblements. En conséquence, tous les spectacles et animations sont annulés, même les rendez-vous pour assister à la distribution de nourriture aux animaux.
 
Le port du masque, lui, n'est pas obligatoire, mais il est fortement recommandé dans la plupart des sites. Au Parc aux Oiseaux de Villars les Dombes par exemple, qui rouvre le 18 mai, il est même de rigueur pour la visite de la Tour Panoramique et Mythiques Colibris.
 
Par ailleurs, certains sites assureront la vente de billets uniquement par internet, d'autres ont équipé leurs boutiques de vitres en plexiglas. Le zoo de Peaugres, lui, ne rouvre, le 20 mai, qu'aux safari voitures. Et la Ferme aux crocodiles, à Pierrelatte, a fait le choix d'aménager ses horaires et de n'ouvrir que les mercredis, week-ends et jours fériés. «ça limite les risques. On se doit de ne pas être un lieu de propagation du virus », commente le gérant, Samuel Martin.
 
Enfin, dernière mesure importante : la limitation de l'affluence. A Saint Martin-la-Plaine par exemple, les autorités n'ont autorisé que 600 visiteurs par jour pour le parc zoologique, quand il en accueille d'habitude 2000 les dimanches ensoleillés. « Ca va être compliqué et c'est un peu dommage, on a la place pour accueillir plus de monde, regrette Pierre Thivillon, propriétaire du parc, mais nous devons respecter cela, et c'est mieux que de ne pas rouvrir du tout... ».
 

Une nécessité financière

 En effet, pour la plupart de ces lieux touristiques, les finances sont au plus mal. Le parc de Saint-Martin-la-Plaine a enregistré l'année dernière la meilleure trésorerie depuis sa création, il y a 47 ans. « On a donc passé le cap sans trop de difficultés, mais il faut se dépêcher de mettre de l'argent de côté pour l'avenir », explique Pierre Thivillon, qui a dû remettre tous les projets de construction et de rénovation à l'année prochaine.
 
Le Jardin aux Oiseaux d’Upie n'a pas eu cette chance. Après un violent épisode neigeux à l'automne, le parc a connu de gros dégâts. Arbres tombés, volières détruites. La reconstruction a coûté cher et le zoo a dû rester fermé six mois. « Nous avons donc commencé le confinement avec une trésorerie déjà très faible, et nous avons du contracter un emprunt », raconte Alexandre Liauzu. Le parc a perdu près de 20% de son chiffre d'affaires annuel. « On ne vit que par l'entrée des visiteurs, on a déjà perdu Pâques et quelques week-end à pont, en juin, on sait déjà que nous n'aurons pas les scolaires, donc il nous reste juillet/aout pour passer l'hiver, on ne pouvait pas ne pas rouvrir... » affirme le gestionnaire, qui espère attirer du monde pour le week-end de l’Ascension.
 

Une nouvelle clientèle ? 

 Mais le public sera-t-il au rendez-vous ? C'est la grande interrogation. Pierre Thivillon craint que les gens ne soient trop frileux et rechignent à sortir de chez eux. «Mais on de la chance, on a des grandes villes à moins de 100 km, ce qui n'est pas le cas de tous les parcs», tempère-t-il.
 
Samuel Martin, lui, compte sur la clientèle locale. La Ferme aux crocodiles attire en général, à cette époque de l'année, surtout des étrangers. « On fait, dans nos meilleurs jours de l'été, de 3000 à 4000 personnes par jour, on sait qu'on ne les atteindra pas... Mais la règle des 100 km devrait favoriser le tourisme local... ».
 
Un optimiste que partage le Jardin aux Oiseaux. Le parc mise sur ses 6 hectares en plein air pour attirer des visiteurs désireux de se mettre un peu au vert, « les gens sont contents de pouvoir enfin sortir, de pouvoir prendre l'air et nous, on leur propose un grand parc très agréable ! » affirme Alexandre Liauzu. «Il y a des gens du coin qui ne sont encore jamais venus à l'espace zoologique de Saint-Martin, ils vont peut-être en profiter pour venir découvrir notre parc», conclue Pierre Thivillon.
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