Coronavirus & Ehpad : le refus du confinement en chambre, exemple dans la Drôme

La fermeture au public des établissements d'hébergement pour personnes âgées dépendantes, a été décrétée le 11 mars. 15 jours plus tard, le ministre de la Santé demandait "un isolement individuel de chaque résident dans les chambres". Certains n'ont pas suivi. Exemple à l'Ehpad de Bésayes (Drôme).

La messe de Pâques a même pu être célébrée normalement aux Monts du Matin de Bésayes (Drôme). Il faut dire qu'un des résidents est un prêtre à la retraite.
La messe de Pâques a même pu être célébrée normalement aux Monts du Matin de Bésayes (Drôme). Il faut dire qu'un des résidents est un prêtre à la retraite. © Monts du Matin

C'est un établissement où les personnes âgées continuent à prendre leurs repas en salle de restaurant. Elles profitent aussi librement du bâtiment en étoile, tout en rez-de-jardin, et des 3.500m2 d'espaces verts.

"On a même une ferme pédagogique. La semaine dernière, il y a eu la tonte de la brebis, Lily, un événement!, lance, tout sourire, le directeur de cette résidence privée, "Les Monts du Matin". 

Mais ce dont Didier Meyrand semble le plus fier, c'est de ne pas avoir enfermé les pensionnaires dans leurs chambres.
 

"Un non confinement préventif"

"Les familles nous soutiennent dans ce choix d'un non confinement préventif", explique-t-il. La direction a consulté les proches des résidents. Sur 79 questionnaires envoyés, 29 ont affiché une opposition ferme au confinement en chambre, 5 y étaient au contraire favorables. Les autres ne se sont pas prononcés ou n'ont pas répondu.

Les résidents des cinq familles favorables au confinement en chambre, ont ensuite été entendus, l'avis de la famille ne pouvant primer. Finalement, ces pensionnaires ont fait de choix de rester libres de leurs faits et gestes dans la maison de retraite. 

Un Conseil de la Vie Sociale, composé de pensionnaires, a également validé ce point de vue. Seuls les nouveaux résidents doivent donc respecter le confinement en chambre durant 14 jours. 
 

"La douleur psychologique de l'isolement"

Alors, la vie continue presque normalement dans cet Ehpad. Un curé à la retraite y a même célébré la messe de Pâques. 
 

"Je comprends tout à fait l'enjeu médical mais ce qu'il faut intégrer c'est la douleur psychologique que représente un isolement", insiste le directeur. "Nos résidents vont bien car leur vie n'a pas été chamboulée."


Les activités ont quand même été réduites, comme le thé dansant du samedi. Les intervenants extérieurs, -qui travaillent par exemple dans plusieurs établissements-, n'ont plus le droit d'entrer. La règle s'applique aussi aux paramédicaux. Les enfants de la micro-crèche, -qui ont l'habitude de passer voir les papys et mamies et même de manger avec eux-, sont évidemment privés de visites.

Une psychologue à plein temps remplit "le vide" quand il y en a besoin.
 

"Est-ce que les Monts du Matin seront touchés par le Covid-19? Bien évidemment que nous le serons, comme tous les Ehpad. Mais chaque jour sans, est une victoire car nous approchons de la date où les tests sérologiques seront disponibles, et ainsi nous pourrons mieux gérer les équipes et mieux protéger nos résidents", détaille Didier Meyrand. 


Pour l'heure, le directeur note que la période est surtout difficile pour les familles. Cinq après-midis de la semaine sont donc consacrés aux sessions de visio-conférence. 

 
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