Drôme : après les ravages du gel, la sécheresse menace les récoltes de vin et de lavande

Après le froid, c'est le manque d'eau qui commence à inquiéter le monde agricole. Beaucoup de vent et peu de précipitations cet hiver ont asséché les sols. Si on ne parle pas encore de sécheresse, la situation préoccupe. Exemple dans la vallée de la Drôme.

Une terre particulièrement sèche pour une fin avril. Ce qui signifie un manque d'eau précoce et préoccupant.  
Une terre particulièrement sèche pour une fin avril. Ce qui signifie un manque d'eau précoce et préoccupant.   © Stéphane Hyvon

Activité figée par le gel pour Fabien Lombard, viticulteur de Suze, dans la Drôme. "L'année dernière on était déjà quatre ou cinq dans la vigne, pour faire les bourgeonnages. Mais là, depuis ce fameux épisode de gel, ca a été un véritable coup d'arrêt de la végétation. Rien ne se passe. Les bourgeons n'ont pas trop bougé..." explique-t-il.

La sécheresse menace déjà la viticulture

Et pourtant, avec 15 à 20 % de perte , l'appellation "clairette de Die" fait figure de rescapée, si l'on compare avec les dégâts subis par l'ensemble des vignobles de la vallée du Rhône.

En revanche, l'inquiétude grandit, désormais, au pied des ceps de vigne. "Il faut creuser un moment pour trouver l'humidité" fait remarquer Fabien. Une terre particulièrement sèche pour une fin avril. Ce qui signifie un manque d'eau précoce et préoccupant.  

"Même si il y a eu des pluviométries, elles n'ont pas profité aux sols" estime ce viticulteur dans la Drôme
"Même si il y a eu des pluviométries, elles n'ont pas profité aux sols" estime ce viticulteur dans la Drôme © Stéphane Hyvon

"Aujourd'hui, la vigne n'a pas besoin d'eau puisqu'elle est en train de débourrer. Mais elle va en avoir besoin en juillet et en août. Et aujourd'hui, les sources et les réserves sont assez faibles" déplore ce viticulteur. "Même si il y a eu des pluviométries, elles n'ont pas profité aux sols. Aujourd'hui, on a des déficits hydriques, une herbe qui ne pousse pas dans les parcelles, et des sols qui commencent à se durcir. Et donc aussi des difficultés pour le travail du sol en viticulture."

La lavande n'est pas en meilleure posture

Au pied du Vercors, à Chamaloc (26), une autre culture, celle de la lavande... et la même inquiétude. 

"On est sur une parcelle de lavande qu'on a plantée la semaine dernière, parce qu'ils annonçaient de la pluie. Comme ce sont de très petits plants, il faut qu'elle tombe dans les 8 jours, sinon tout est perdu " témoigne Alain Aubanel, lavandiculteur.

"s'il ne pleut pas très rapidement, ce sera la catastrophe." témoigne ce lavandiculteur drômois
"s'il ne pleut pas très rapidement, ce sera la catastrophe." témoigne ce lavandiculteur drômois © Stéphane Hyvon

Mais cette pluie n'est jamais arrivée sur cette jeune parcelle qui pourrait être perdue faute de précipitations. D'autant que l'hiver, particulièrement venteux, a asséché les sols. Un dérèglement climatique que constate, d'années en années, cet agriculteur. "Cela devient de plus en plus récurrent. On a de très grosses périodes de pluie, et on est restés trois mois sans pouvoir entrer dans les champs. Et du jour au lendemain, il fait sec. Donc là, s'il ne pleut pas très rapidement, ce sera la catastrophe." témoigne-t-il.

La pluie est annoncée pour la semaine prochaine. Reste à savoir si elle tombera suffisament pour recharger les nappes phréatiques... et sauver les récoltes dans la vallée de la Drôme.

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