"L'hôpital va finir par disparaître", 45 lits sur 60 menacés d'être supprimés à l'hôpital de Saint-Vallier dans la Drôme

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Écrit par Emilie Beraud
45 lits sur 60 pourraient être supprimés à partir de janvier 2022 au service rééducation de l'hôpital de Saint-Vallier.
45 lits sur 60 pourraient être supprimés à partir de janvier 2022 au service rééducation de l'hôpital de Saint-Vallier. © ALEXANDRE MARCHI / MAXPPP

Les soignants et les patients du service de rééducation de l'hôpital de Saint-Vallier, dans la Drôme, se mobilisent ce jeudi à partir de 10h. Ils redoutent la fermeture de 45 lits sur 60, dès le mois de janvier 2022, après le départ de trois médecins qui ne seront pas remplacés.

"Si l'Etat ne fait rien, l'hôpital va finir par disparaître", se désole Isabelle Crozelon, secrétaire générale de la section CFDT à l'hôpital de Saint-Vallier, dans la Drôme. Ce jeudi à 10h, les syndicats appellent au rassemblement devant les portes de l'établissement, car ils redoutent la fermeture de son service de rééducation. Dans la région, il est l'un des seuls à prendre en charge des patients en post-covid, en suite d'AVC ou polytraumatisés. 

45 lits sur 60 supprimés

A l'heure actuelle, le service de médecine physique et de réadaptation (MPR) de l'hôpital compte 60 lits. Mais 45 d'entre eux pourraient être supprimés dès le mois de janvier 2022 si aucun nouveau médecin n'est recruté. "Il faut normalement trois médecins pour que le service fonctionne bien. L'un a pris sa retraite récemment, une autre va partir en congés maternité. Il n'y a personne pour les remplacer", regrette la déléguée syndicale. 

"Des chances en moins pour rentrer à la maison en bonne santé"

Principal service de rééducation de la région, le centre accueille chaque année près de 400 patients venus du nord de la Drôme et de l'Ardèche. Faute de médecins, ceux qui nécessitent une prise en charge étalée dans le temps ne pourront peut-être pas aller jusqu'au bout de leurs soins : "Il y a déjà une liste d'attente pour aller en médecine rééducation", précise Isabelle Crozelon, "si les lits ferment, on ne pourra pas terminer correctement les soins des patients, ce sont des chances en moins pour rentrer à la maison en bonne santé."

30 postes menacés

En plus de la suppression des lits, le personnel soignant craint la suppression de plusieurs postes. Au total, ils sont actuellement une trentaine d'infirmiers, d'aides-soignants et de kinés à travailler au sein du service. "On ne se mobilise pas seulement pour les postes, mais aussi pour sauver le site", précise la secrétaire générale de la CFDT, qui anticipe les répercussions des fermetures de lits sur l'ensemble de l'établissement. 

J'ai l'impression d'être seul dans la barque. D'avoir un Etat qui regarde la situation depuis Paris, qui laisse à l'abandon des territoires entiers. C'est admissible.

Pierre Jouvet, maire de Saint-Vallier

Face à la possibilité de fermeture du service, le maire de Saint-Vallier Pierre Jouvet se dit "très en colère." Il en appelle aux services de l'Etat qui, estime-t-il, ne prend pas de mesures concrètes pour mettre fin à la problématique de désertification médicale que rencontre le territoire : "J'attends que le ministre de la Santé apporte des solutions sur la gestion de l'installation des médecins dans le pays. Il faut aujourd'hui imposer aux médecins, pour une durée limitée dans le temps, de s'installer dans des territoires sous dotés. Comme on le fait pour tant qu'autres professions : les notaires, les cabinets d'infirmiers..."

Pour soutenir le personnel médical, une pétition a été mise en ligne. 

 

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