Coronavirus et confinement : Des chefs étoilés d’Auvergne-Rhône-Alpes s’inquiètent pour l’avenir de la restauration

17 chefs étoilés, dont Anne-Sophie Pic, Georges Blanc et Régis Marcon, interpellent Emmanuel Macron sur la situation difficile que vivent de nombreux restaurateurs français depuis le confinement. Dans une tribune parue ce jour, ils suggèrent des pistes en vue pour une prochaine réouverture.

Georges Blanc
Georges Blanc © Antoine Maillon

« Monsieur le Président, les chefs vous demandent de rouvrir les restaurants ».


La demande est claire et directe. Elle est formulée par le Collège Culinaire de France, dans lequel siègent trois chefs étoilés d’Auvergne-Rhône-Alpes : Anne-Sophie Pic, Régis Marcon et Georges Blanc. Dans une tribune publiée lundi 20 avril dans Le Figaro, 17 chefs s’inquiètent que le secteur de la restauration, garant, hier, de plus d’un million d’emplois, soit aujourd’hui à l’arrêt : «Beaucoup d’entre nous risquent de ne pas être en mesure de se relever si la cessation de leur activité se poursuit».

Ils réclament au Président de la République que «soit promulgué dès que possible un déconfinement partiel de la restauration citoyenne responsable».

Pour Régis Marcon, chef étoilé de Saint-Bonnet-le-Froid (Haute-Loire), «ce n’est pas une lettre de revendication mais de perspectives. Il faut se projeter d’ors-et-déjà sur l’après. Que la profession réfléchisse à une manière de préparer le terrain pour que les clients soient rassurés».

Même son de cloche pour le chef de Vonnas dans l’Ain, Georges Blanc, co-signataire de la lettre : «j’ai envie que les restaurants rouvrent en appliquant des mesures sanitaires strictes mais pas trop dissuasives pour faire fuir les clients. Quand le restaurant est suffisamment grand, ça peut passer par exemple par l’espacement des tables. Il faut que chacun y réfléchisse et s’adapte».

Dans la lettre, le Collège Culinaire de France propose 5 grands engagements que les restaurants citoyens responsables pourraient s’engager à mettre en place dès le déconfinement : des réunions quotidiennes avec le personnel pour faire le point sur les pratiques ; davantage de communications avec les clients sur les mesures sanitaires mises en place dans les établissements ; une totale transparence sur les produits utilisés ; fournir aux clients une liste des producteurs-artisans avec lesquels les restaurateurs travaillent ; et enfin favoriser en priorité les producteurs-artisans locaux.

Georges Blanc : «cette crise est en train de nous mettre un gros coup dans la figure. Maintenant il faut se relever et s’adapter. J’ai bien peur que le fonctionnement de nos établissements soit profondément modifié, mais il en va de notre survie».

Régis Marcon : «Profitons de ce cataclysme pour repenser notre travail. Travailler davantage, encore plus qu’on ne le fait déjà, avec le monde agricole, remettre en cause chaque produit que nous utilisons. Il faut faire preuve d'innovation y compris dans le service. La clientèle comprendrait très bien qu’on puisse servir les plats avec des masques et des gants ».

Le Collège Culinaire de France a pour vocation de promouvoir la qualité de la restauration en France et dans le monde. Il rassemble 1800 établissements sur les 160 000 restaurants que compte la France.
 
Poursuivre votre lecture sur ces sujets
coronavirus santé société économie crise économique gastronomie culture
l’actualité de votre région, dans votre boîte mail
Recevez tous les jours les principales informations de votre région, en vous inscrivant à notre newsletter