Elections municipales. Le casse-tête de l'installation des conseils municipaux dans le Puy-de-Dôme et le Cantal

Les maires élus au premier tour pourront bientôt porter l'écharpe tricolore, symbole de leurs fonctions municipales. / © Sébastien Bozon - AFP
Les maires élus au premier tour pourront bientôt porter l'écharpe tricolore, symbole de leurs fonctions municipales. / © Sébastien Bozon - AFP

Le confinement imposé par la lutte contre le coronavirus a reporté de deux mois l’installation des conseils municipaux et l’élection des maires élus dès le premier tour. Du 23 au 28 mai dans les départements d'Auvergne, il va falloir s’adapter pour respecter les règles sanitaires.

Par Cyrille Genet

En Auvergne-Rhône-Alpes, il ne reste plus que 625 communes où il faudra procéder à un second tour pour les élections municipales. Dans une très grande majorité d'entre elles, voilà deux mois que les conseillers élus le 15 mars dernier patientent pour pouvoir se réunir et pour élire le maire et ses adjoints.

"On attendait cela depuis longtemps" dit Jean-Pierre Soulier, maire du Vigean et président de l’Association des maires ruraux du Cantal "mais ça ne nous semble pas compliqué car ici notre école a accueilli les enfants du personnel soignant et elle a rouvert la semaine dernière, on est donc habitués aux mesures barrières".

En application des ordonnances des 13 et 14 mai 2020, les conseils municipaux vont pouvoir réunir plus de 10 personnes, cela fait partie des "dérogations indispensables à la continuité de la vie de la Nation". Mais pour délibérer, ils devront respecter des règles de distanciation. Beaucoup vont devoir quitter les salles du conseil en mairie "Heureusement dans de nombreuses communes, on a construit il y a une vingtaine d’années des salles polyvalentes, la nôtre fait 200 mètres carrés, ce sera suffisant pour les 15 conseillers, le secrétariat et un peu de public" complète Jean-Pierre Soulier. 

Ailleurs comme à Saint-Floret dans le Puy-de-Dôme, on préfère le huis-clos à la mairie "C’est vrai la salle n’est pas bien grande, mais c’est très symbolique ; il y a la Marianne, le drapeau, les portraits des Présidents de la République alors on ne sera que 4 autour de la table, les autres seront plus loin, y compris là où s’installe le public. On portera des masques, on aura du gel et on a des plaques de plexiglass" explique la maire Maguy Lagarde. La commune possède pourtant bien deux grandes salles mais tous ont préféré lancer le mandat dans les murs de la mairie. A Murol, "On restera dans le bâtiment mais on descendra d’un étage pour s’installer dans la salle des fêtes" dit Sébastien Gouttebel, également président de l’Association des maires ruraux du Puy-de-Dôme. "Dans toutes les communes, on s’organise et j’ai n’ai pas eu d’appel évoquant des difficultés particulières".

Il ne sera donc pas nécessaire de s’installer dehors comme certains l’avaient imaginé (ce qui aurait conduit à des photos historiques) puisqu’en cas de difficulté, la réunion pourra se tenir dans n’importe quel lieu du moment qu’il présente des garanties d’accessibilité et de neutralité, y compris sur le territoire d’une autre commune. En tous cas l’Association des maires de France l’exclut dans son analyse des textes réglementaires.

Cependant dans de nombreuses communes, c’est toute la symbolique de l’élection des maires et de leurs adjoints qui sera bouleversée : on pourra même recourir au huis-clos (alors qu’en principe tous les citoyens doivent pouvoir assister aux réunions du conseil municipal) si la réunion est retransmisse en direct par un moyen électronique comme un site internet ou une page Facebook. Et les autres réunions du conseil municipal tant que durera l’état d’urgence sanitaire pourraient fort bien être délocalisées de la même manière.

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