Elections régionales Auvergne-Rhône-Alpes: Jean-Jack Queyranne à la peine avec un PS divisé

© Philippe Merle / AFP
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Une gauche divisée, des défections au sein même du PS et une ministre à la rescousse, Jean-Jack Queyranne, qui brigue un troisième mandat face à Laurent Wauquiez lors des prochaines régionales, est à la peine malgré des sondages plutôt encourageants.

Par AFP

Lundi, il a annoncé avec soulagement l'arrivée de Najat Vallaud-Belkacem à la tête de son comité de soutien - à défaut d'une candidature qu'il espérait mais que l'intéressée a rapidement démentie. Il y voit un "signe d'amitié et de confiance" de celle qui fut la benjamine de sa liste en 2004.

Jean-Jack Queyranne en avait bien besoin depuis qu'aux divisions de la gauche - EELV mène sa propre liste tandis que le PCF en conduit une autre - se sont ajoutés, à la mi-septembre, les retraits de 18 candidats socialistes dans le Rhône, dont Caroline Collomb, l'épouse du sénateur-maire de Lyon.

Au coeur des dissensions, la présence sur la liste de la Métropole lyonnaise de Farida Boudaoud, vice-présidente sortante de la région. En 2014, elle avait été exclue du PS pour deux ans après s'être présentée aux municipales contre le maire socialiste sortant de Décines-Charpieu, Jérôme Sturla, dans l'Est lyonnais. La droite l'avait emporté. Ce dernier s'est aussi retiré de la liste pour les régionales.

"On ne lance pas une fatwa contre une candidate et je ne vois pas pourquoi elle serait mise à l'écart pour des faits qui datent d'un an et demi", rétorque Jean-Jack Queyranne, qui se défend de réserver la deuxième place à Mme Boudaoud comme l'affirment ses adversaires. Et prévient que "ceux qui sont partis n'ont pas vocation à revenir".

Le seul enjeu, c'est Caroline


En mai, la constitution de sa liste pour la Métropole avait donné lieu à d'âpres négociations au sein de la fédération départementale du PS dont le premier secrétaire, David Kimelfeld, est aussi le premier vice-président de la collectivité que dirige Gérard Collomb.

Une première version avait été retoquée et après des remaniements, la liste avait été validée avec Caroline Collomb en deuxième position. Avant intégration des éventuels partenaires et des candidats issus de la société civile, Jean-Jack Queyranne souhaitant une liste ouverte. L'épouse du sénateur-maire de Lyon risquait donc de reculer et de se retrouver en position non-éligible.

"C'est pour cela qu'ils ont allumé le contre-feu Farida Boudaoud, pour focaliser le problème sur elle, analyse un ancien responsable du PS local. Alors que le seul enjeu dans tout ça, c'est Caroline". Dont la candidature faisait aussi grincer des dents, souligne-t-il.

Sollicité, l'entourage de M. Collomb n'a pas donné suite. Et M. Kimelfeld n'a pas souhaité s'exprimer "tant que tout ça ne sera pas réglé".

Loin d'être mal barré

"Depuis le départ, les sondages montrent que c'est loin d'être mal barré pour la gauche mais beaucoup raisonnent sur une défaite et donc un petit nombre de places", ajoute l'ancien responsable socialiste, pour qui ceux qui accusent aujourd'hui Jean-Jack Queyranne de ne pas respecter son parti et les militants sont "mal placés pour donner des leçons".

Allusion aux législatives de 2012 et à l'élection de Thierry Braillard (PRG), poussé par Gérard Collomb, aux dépens de l'écologiste Philippe Meirieu, pourtant candidat officiel du PS.

En janvier 2010, Gérard Collomb "était avec Jean-Jack Queyranne pour l'ouverture de son local de campagne", comme le rappelle un tweet enthousiaste de l'époque. Mais jeudi dernier, au milieu d'une centaine de militants et de quelques fidèles, point de maire de Lyon même si ceux de Clermont-Ferrand, Olivier Bianchi, de Villeurbanne, Jean-Paul Bret, et de Vaulx-en-Velin, la députée Hélène Geoffroy, avaient fait le déplacement.

"J'aurais préféré que l'ensemble de la gauche soit unie mais ce n'est pas possible et ce n'est pas de mon fait", a lâché Jean-Jack Queyranne, appelant à passer "au-dessus des miasmes et des bisbilles d'un microcosme qui s'agite inutilement" et à ne pas perdre "l'objectif essentiel: on a une bataille à gagner contre Laurent Wauquiez".

Un Wauquiez qui, fort de l'appui de l'UDI et du MoDem, passe désormais pour un rassembleur face aux divisions d'en face: il n'en espérait pas tant.

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