Georges P. condamné à 13 ans de prison pour la tentative de viol et l'assassinat de Sarah à Voreppe

Il n'avait que 15 ans au moment des faits. Georges P., 41 ans, a été donc été condamné par le tribunal pour enfants de Grenoble, ce mardi 12 juillet, à 13 ans de prison pour l'assassinat de Sarah Syad, en 1991, à Voreppe (Isère).

Après avoir écopé, en mars dernier, de 30 ans de réclusion pour le meurtre de Saïda Berch, en 1996, Georges P. a, cette fois, été condamné pour la tentative de viol et l'assassinat de Sarah Syad, 6 ans, le 16 avril 1991. Son sperme avait été retrouvé sur la chemise de l'enfant.

"Il conteste les faits. Nous allons faire appel", a réagi son avocat Me Emmanuel Decombard, rappelant que son client avait dit être "habité par le diable".

Le parquet avait requis 13 ans et 4 mois de prison.

Reportage de Florine Ebbhah et Vincent Habran

Intervenants: Maître Emmanuel Décombard, avocat de la défense; Maître Leon-Lef Forster, avocat de la partie civile

Confondu par des analyses ADN 22 ans après les faits

L'accusé a changé plusieurs fois de versions depuis son arrestation en juillet 2013, date à laquelle il a été confondu par de nouvelles analyses ADN. 

"Du côté de la famille, aucune peine ne peut ramener la victime. C'est un chapitre de 25 ans de souffrance qui se tourne", a commenté Me Léon Lef Forster, avocat de la famille Syad. "J'espère pour lui qu'il sera un jour en mesure de regretter" ses actes, a ajouté l'avocat.

Qualifié de "psychopathe" par les experts psychiatres, Georges P. a été condamné, le 11 mars, à 30 ans de réclusion criminelle par les assises de l'Isère pour le meurtre d'une autre fillette dans la même commune de Voreppe, cinq ans plus tard.

Saïda Berch, 10 ans, avait été retrouvée étranglée dans un canal le 26 novembre 1996, deux jours après sa disparition. Durant son procès, l'accusé avait déjà nié avoir tué la victime, reconnaissant seulement lui avoir porté un "petit coup" sur la tête pour un motif futile de prêt de vélo.

La défense avait mis en avant le parcours chaotique de l'accusé, né d'un viol, battu par ses deux parents, toxicomane à l'âge de 13 ans. Enfant, il lui arrivait de passer la nuit dans le panier du chien quand sa mère lui retirait son matelas.

L'accusé n'avait été interpellé qu'en juillet 2013, à l'occasion de nouvelles analyses ADN. Pour les deux fillettes, le même profil génétique était ressorti: celui de Georges P., fiché à la suite de deux infractions commises en 2005 et 2008, notamment pour conduite sous l'emprise de stupéfiants.