À Grenoble, la Résistance et ses héros se racontent en bandes dessinées

Une exposition en cours au Musée de la Résistance et de la déportation de l'Isère montre la représentation de la Résistance dans la bande dessinée, des caricatures de 1944 jusqu'au souci de réalité historique des années 2000.

Par Quentin Vasseur

Il y a la glorification de la Résistance au lendemain de la guerre, ou bien le souci de réalité historique. Le Musée de la Résistance et de la Déportation de l'Isère, une exposition montre jusqu'en mai prochain la représentation de la Résistance dans la bande dessinée... et son pendant, la propagande antisémite qui fustige gaullistes, communistes ou franc-maçons.

Les Allemands en loups, les Anglais en bouledogues


"La bête est morte" d"Edmond-François Calvo, est depuis sa publication en 1944 un ouvrage phare du genre. "C'est une bande dessinée qui est entièrement dessinée pendant le conflit avec une représentation des belligérants à travers des animaux" explique Alice Buffet, directrice du musée. Les Allemands sont d'affreux loups, les Français sont plutôt des gentils animaux des bois, des écureuils, des petits lapins.... Les Anglais, ce sont des bouledogues, on est vraiment dans l'approche caricaturale"

Page Sortir de Damien Borrelly, Yves-Marie Glo, A Rouleau, Mélanie Ducret et Pierre Maillard
La Résistance en bandes dessinées

Si la figure du résistant est d'abord un beau jeune homme blanc, un brassard autour du bras, les années 90 et le début des années 2000 voient émerger, précise Alice Buffet, "une volonté de retrouver une certaine vérité historique"

Si ça peut servir à des jeunes d'origine algérienne, d'origine guinéenne, d'origine malienne de se sentir un peu plus Français, un peu plus intégré (...) on aura atteint notre but.


Baptiste Payen fait partie de ces auteurs plus contemporain. Scénariste, dessinateur et enseignant, il montre également dans "Résistants oubliés" l'engagement des tirailleurs africains, qui a été longtemps occultée. 

"Si ça peut servir à des jeunes d'origine algérienne, d'origine guinéenne, d'origine malienne de se sentir un peu plus Français, un peu plus intégré (...) on aura atteint notre but. " Autre objectif : montrer que cette diversité a joué un grand rôle dans la libération de la France.

L'exposition "La BD prend le maquis" se déroule jusqu'au 22 mai au Musée de la résistance et de la déportation de l'Isère à Grenoble.

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