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A Grenoble, STMicroelectronics lâche ST-Ericsson

STMicroelectronics vient de présenter son nouveau plan stratégique dans lequel il se désengage de ST-Ericsson, une entreprise qu'il partage avec le suédois Ericsson, spécialisée dans les microprocesseurs pour mobiles.

L'annonce a été faite ce lundi 10 décembre au matin, en CCE, mais depuis plusieurs mois déjà elle se profilait. Le groupe STMicroelectronics souhaite se désengager de ST-Ericsson. La société n'a jamais dégagé de bénéfices depuis sa création en 2009, elle pâtit de la chute de son principal client, Nokia. Cette coentreprise (STMicroelectronics-Ericsson) qui fabrique des composants pour téléphones portables, a vu sa situation se dégrader mois après mois. Les pertes se sont alourdies en 2011, à 841 millions de dollars, après une perte de 591 millions de 2010.

STMicoroelectronics négocie donc actuellement ses options de sortie. D'abord, une période de transition est prévue jusqu'au troisième trimestre 2013. Mais on ne sait pas encore comment ST va sortir de ST-Ericsson, comme le souligne lemonde.fr.

A Grenoble, sur la presqu'île scientifique ST-Ericsson compterait près de 960 salariés sans parler des répercussions sur ST à Crolles. Sur ce point, il n'est pas impossible que les composants soient toujours assemblés à Crolles en Isère si Ericsson ou un repreneur sont d'accord.


Réactions des syndicats (par AFP)


Pour la CGT, "c'est le scénario du pire". Marc Leroux, délégué central, estime que "c'est un énorme problème pour l'avenir de la microélectronique en France et en Europe". Selon lui, "comme il n'y a aucune solution de trouvée pour ST-Ericsson, cela signifie que, vraisemblablement, on va assister à des centaines de suppressions de postes".

"La direction préparait le terrain et récupérait les salariés de ST-Ericsson (STE) qui l'intéressaient. Une fois que les transferts de personnes ont été faits, la scission a été annoncée. Nous sommes quand même désolés de ce qui se passe, STE avait des cartes à jouer", a réagi Bruno Chave, délégué central CFDT. Il rappelle qu'en 2007, les salariés de Philips sont devenus NXP après la vente de leur activité à des fonds d'investissement puis, qu'en 2008, ils ont été rebaptisés ST-NXP, après un rachat de STMicroelectronics. Celui-ci s'est ensuite allié à Ericsson, pour créer STE en février 2009. "Les salariés sont ballottés d'une société à une autre et ce n'est pas bon du tout. Je suis inquiet pour les gens qui vont rester", a ajouté le syndicaliste.

ST-Ericsson avait annoncé au printemps la suppression de 1.700 postes dans le monde sur 6.000 au total. La France, qui compte quelque 1.700 salariés, n'a pas été concernée par les suppressions d'emplois.


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