A Grenoble, la “veuve noire de l'Isère” est condamnée à 30 ans de réclusion

© Prise de vue du Dauphiné Libéré
© Prise de vue du Dauphiné Libéré

Ce vendredi 18 avril, peu avant 20 heures, Manuela Gonzalez a été condamnée à 30 ans de réclusion pour l'assassinat et une première tentative d'assassinat de son mari, Daniel Canon, en 2008. Les jurés ont plus que tenu compte du réquisitoire de l'avocat général qui avait demandé 25 ans. 

Par Franck Grassaud

"Je suis intimement convaincu que Mme Gonzalez, après avoir échoué une première fois, a tout mis en oeuvre pour tuer Daniel Cano", a lancé l'avocat général, Pierre-Marie Cuny, pendant son réquisitoire. Cette préméditation, les jurés l'ont reconnue, même si les preuves ont bien souvent manqué dans cette affaire.

La victime avait été retrouvée dans sa voiture incendiée, non loin du domicile familial, dans la vallée du Grésivaudan. Pour l'avocat général, "Daniel Cano n'a jamais quitté son domicile (de lui-même), le 30 octobre au soir, car il était à l'arrière de la voiture assommé par les médicaments", a affirmé le magistrat, expliquant comment l'accusée qui avait "décidé de passer à l'acte à cette occasion, avec une perspective de réussite", avait conduit le véhicule sur un "chemin de terre, derrière la butte".

Quant à l'incendie survenu un mois avant le drame dans la chambre conjugale, qui avait déjà failli coûter la vie à Daniel Cano, le magistrat a assuré qu'il "ne s'agissait pas d'un élément fortuit: Manuela Gonzalez avait résolu d'appliquer aux grands maux les grands remèdes", a-t-il conclu.
30 ans de prison pour Manuela Gonzalez
Intervenants : Ronald Gallo, Avocat de la défense ; François Leclerc, Avocat des parties civiles.

Durant le procès, l'accusée n'a cessé de clamer son innocence. Tout comme ses proches venus témoigner en sa faveur, à l'exception de son beau-fils, Nicolas Cano. 

Me Ronald Gallo, son avocat, a eu beau souligner "l'absence d'éléments matériels" dans ce dossier "de tous les dangers", "sans preuve et mal ficelé", sa cliente a été condamnée. Pendant sa plaidoirie, il avait fustigé la "médiatisation excessive" de l'affaire, qui a créé selon lui "un fantasme", "un personnage et une fiction de toutes pièces". "Veuve noire, mante religieuse... les mots m'égorgent, ils m'étouffent."

En fouillant le passé de Manuela Gonzalez, les enquêteurs se sont aperçus que quatre de ses compagnons avaient été victimes d'intoxications suspectes. Deux d'entre eux avaient été hospitalisés dans un état grave, deux autres étaient morts. C'est ce qui lui a donné le surnom de "veuve noire". 

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