Grève imprévue à la SNCF : le trafic TER perturbé en Auvergne-Rhône-Alpes

Gare de Chambéry, en Savoie / © Céline Aubert / France 3 Alpes
Gare de Chambéry, en Savoie / © Céline Aubert / France 3 Alpes

Après un accident entre un TER et un convoi exceptionnel survenu dans les Ardennes, contrôleurs et conducteurs exercent leur droit de retrait vendredi 18 octobre 2019. Le trafic des TER risque d'être très perturbé en Auvergne-Rhône-Alpes.

Par AH

Attention si vous devez prendre le train vendredi 18 octobre, renseignez-vous ! Le trafic des TER risque d'être fortement perturbé en raison d'un mouvement de grève inopiné des cheminots.

De nombreux cheminots exercent leur droit de retrait après un accident survenu mercredi à un passage à niveau à St Pierre-sur-Vence, dans les Ardennes. Un TER a percuté un convoi exceptionnel. Trois personnes ont été légèrement blessées dont le conducteur de train, selon une porte-parole de la SNCF.

La direction de la SNCF n'est pas en mesure pour l'instant de nous dire combien de trains circulent normalement ni combien de temps la grève durera.

Elle conseille aux voyageurs de reporter leurs trajets ou de se renseigner sur le site internet de la SNCF, l'appli mobile ou le numéro de téléphone suivant : 09 69 32 21 41.
 

Droit de retrait des cheminots


Les grévistes demandent le retour des contrôleurs dans tous les trains. Lors de l'accident dans les Ardennes, le conducteur, blessé et choqué, "a dû porter secours aux passagers car c'était le seul agent SNCF à bord!", a déploré dans un communiqué SUD-Rail.

Ce syndicat, ainsi que la CGT-Cheminots, FO-Cheminots et la Fgaac-CFDT, sont vent debout contre le mode d'exploitation "équipement agent seul" qui permet de faire circuler des trains sans contrôleur.

une direction méprisante


Bernard Tournier secrétaire secteur CGT Cheminots Alpes dénonce une "direction méprisante, inconsciente". Pour la CGT, la présence systématique d'un contrôleur dans un train est une nécessité, "le métier de contrôleur ce n'est pas uniquement de vendre des billets, donner des renseignements et contrôler mais c'est aussi des missions de sécurité", estime Bernard Tournier.

>> Interview de Bernard Tournier au micro de Céline Aubert 
Grève SNCF
Bernard Tournier Secrétaire secteur CGT Cheminots Alpes
 

"On est passés à deux doigts de la catastrophe"

En Auvergne aussi on s'inquiète. "On a mis en garde la direction depuis plusieurs années sur la suppression des contrôleurs et sur le problème de sécurité. En Champagne-Ardenne, on est passés à deux doigts de la catastrophe, on fait circuler les trains dans des situations dangereuses, déplore Julien Cabanne, aiguilleur à la SNCF et adhérent à la CGT cheminot en Auvergne. 

"Une conductrice de train me racontait qu’elle s’était pris un arbre avec le train il y a quelques semaines, ce qui a été compliqué à gérer. Ça devient ingérable", continue Julien Cabane. 
 

Une grève dénoncée par le secrétaire d'Etat aux transports


Le secrétaire d'Etat aux transports de son côté déplore une "grève surprise (...) hors du cadre légal".

Il n'est "pas normal de prendre les usagers à témoin d'une prise de position syndicale sur un dispositif qu'ils contestent. La CGT sait très bien faire des grèves légales quand elle le veut. Dire qu'on opère un droit de retrait qui n'en est pas un, ça pénalise aujourd'hui l'usager", a souligné M. Djebbari. "Les trois quarts des TER sont exploités seuls à bord", a fait valoir le secrétaire d'Etat qui y voit "une mesure de conduite homologuée" pratiquée "partout en Europe".
 

Plus de 90 % des trains n'ont pas circulé en Auvergne

À 9 heures, il n’y a qu’un TER sur 6 en Auvergne, et deux intercités sur trois. 

Les syndicats se mobilisent "plus de 90 % des trains n’ont pas circulé en Auvergne depuis ce matin. L’accident a été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase", évoque Hervé Gonthier, représentant de la CGT Cheminot en Auvergne. Le représentant revient sur l’accident "la direction a pris la décision de supprimer la présence des contrôleurs dans les trains. Depuis deux ans, c’est effectif dans la région. Ce que révèle l’accident : c’était un TER qui avait 70 voyageurs et un groupe scolaire, le conducteur était seul, il n’y avait pas de contrôleurs. Le train percute un convoi exceptionnel. Le choc est important. Il y a de gros dégâts sur le train et le conducteur est choqué et blessé (avec des plaies ouvertes et un traumatisme crânien). Le service automatique, qui permet d’alerter les autres trains d’un accident, n’a pas fonctionné. Et le conducteur a dû abandonner les voyageurs parce qu’il a fallu qu’il évite un sur-accident avec un train croiseur. Ça aurait pu être évité s’il y avait un aiguilleur".
 
 

 





 

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