Pâques : connaissez-vous la Noire du Velay, cette brebis dont on se délecte pour les fêtes ?

Cette espèce de brebis noire est symbolique du Velay, en Haute-Loire. Pourtant, elle a failli disparaître avant la mobilisation d'éleveurs dans les années 70. La viande des agneaux est prisée pour son goût et d'autant plus à l'approche de Pâques.

Elle est reconnaissable par sa toison aux reflets bruns, sa peau noire et deux touches de blancs sur la tête et la queue. La Noire du Velay est une espèce ovine symbolique de l'Auvergne, et pourtant, elle a failli s'éteindre. Son histoire débute par l'introduction sur le territoire de son ancêtre "la Noire des Bains". Deux hypothèses s'opposent, elle aurait été amenée par les Celtes, ou proviendrait d'un peuplement en provenance du Moyen-Orient.

En 1914, elle est désignée comme "race ovine des plateaux volcaniques du Velay". "Ce n'est qu'un 1931 qu'un certain nombre d'éleveurs décidèrent de différencier ce qui allait devenir la Noire de Velay", explique l'ouvrage Races ovines et caprines françaises, de Daniel Babo. C'est à cette date que le Syndicat d'Élevage du Mouton Noir de Bains voit le jour. 

Race rescapée

Mais suite à des croisements pour augmenter la production de viande, "la race pure a failli ne plus exister", précise l'auteur. Dans les années 70, un programme de sélection se met en place pour conserver le patrimoine génétique de la Noire de Velay. Puis en 1976, un centre d'élevage de jeunes béliers se met en place pour diffuser la race, suivie par des campagnes d'inséminations artificielles par la suite interrompues, comme le résume le site Races Ovines des Massifs.

"C'est une espèce robuste et c'est une excellente marcheuse", explique Jérémy Masson, éleveur à Le Monastier-sur-Gazeille, en Haute-Loire. Installé depuis 2012, il possède 350 brebis mères. L'éleveur est à la tête de l'association d'éleveurs Agneau Noir du Velay qui rassemble 26 professionnels dans le département.

Agneau de Pâques

Cette espèce fait désormais des émules parmi les consommateurs "La race est connue et bien sûr il y a un engouement particulier lors des fêtes de Pâques". L'éleveur a vendu environ 150 agneaux pour cette période de fête. La Noire du Velay a la particularité de pouvoir agneler tout au long de l'année, "elle peut mettre bas deux à trois fois dans l'année", explique Jérémy Masson. 

Selon le dernier Recensement général agricole (RGA), 22 000 brebis ont été comptabilisées. Elles sont majoritairement représentées en Haute-Loire, son berceau d'origine. Mais elles se développent aussi dans l'Ardèche, la Loire, le Rhône, mais aussi le Jura, le Puy-de-Dôme et même à l'étranger. Cette espèce s'adaptant bien aux conditions de vie en extérieur est parfois utilisée pour brouter sur les exploitations céréalières, tout en apportant du lisier.

Pour en apprendre un peu plus sur cette espèce, l'association organise sa fête annuelle le 8 mai prochain dans une ferme du Puy-en-Velay. Randonnée, animations, marché de producteurs et repas du terroir au rendez-vous.