Haute-Savoie. Bébés retrouvés morts dans une valise : ce que l’on sait

Dimanche 1er janvier, les corps de deux bébés ont été retrouvés dans un appartement à Rumilly, en Haute-Savoie, lors d’une intervention de la gendarmerie. Les dépouilles ont été découvertes emmaillotées dans une valise au domicile d’un couple, parent de deux jeunes enfants. Une enquête pour meurtre a été ouverte.

Au 12 impasse de la Cité de la Salle à Rumilly, seul un scellé posé sur la porte d’un appartement témoigne du drame qui s'est joué dans cette résidence. 

C'est derrière cette porte, au dernier étage, que les gendarmes ont découvert les corps de deux bébés le jour du Nouvel An.


Que s’est-il passé ?

Ce 1er janvier, vers 14h, une femme âgée de 35 ans contacte le 17 et fait part de ses intentions suicidaires. Au téléphone, elle raconte avoir à son domicile les corps de deux bébés morts

Les gendarmes se rendent immédiatement au domicile de cette requérante, mère de deux jeunes enfants. Arrivés dans l’appartement situé impasse de la Cité de la Salle, ils découvrent deux dépouilles emmaillotées dans une valise.

En état de choc, la mère de famille est hospitalisée sous contrainte. "Elle est toujours hospitalisée à ce jour, et n’a pu être entendue par les enquêteurs" précise le parquet d’Annecy dans un communiqué diffusé ce vendredi 6 janvier.

Une enquête ouverte pour meurtre

À la suite de cette découverte macabre, une enquête judiciaire sous la qualification de meurtre sur mineur de 15 ans a été diligentée par le Parquet d’Annecy, et les investigations confiées à la brigade des recherches d’Annecy et à la section de recherches de Chambéry.

Le 4 janvier, une autopsie a été pratiquée sur les corps des deux bébés. En charge de cet examen, l’Institut Médico-légal de Grenoble n’a pas été en mesure de déterminer les causes et dates du décès. Des analyses complémentaires sont en cours. "La présence d’un cordon ombilical sur un des deux corps permet de supposer toutefois qu’il s’agissait d’un nouveau-né", précise la procureure Line Bonnet-Mathis.

À l'étranger depuis mi-décembre, le compagnon de la mère de famille a été placé en garde à vue dès son retour en France le 5 janvier, pour "recel de cadavre". En couple avec cette dernière depuis 2019, il a été laissé libre ce vendredi matin peu avant midi "sans qu’aucune charge ne soit retenue contre lui", ajoute le Parquet dans son communiqué. 

Le 6 janvier, la procureure a confirmé l’ouverture d’une information judiciaire pour meurtre sur mineurs de moins de 15 ans.

Un quartier sous le choc

Dans le quartier, les voisins interrogés ce matin oscillaient entre choc et incompréhension. La famille habitait au dernier étage d'une résidence bien entretenue, qui fait partie d'un ensemble au sein d'une cité résidentielle. "On est malade, on est choqué", confie une voisine de 56 ans. Selon elle, la famille était arrivée dans l'immeuble il y a environ trois ans.

"Je connaissais bien la famille. C’était des gens très bien, avec deux enfants. Quand j’ai appris ça, ça m’a secoué" raconte Jean-Marc, qui habite au rez-de-chaussée de l’immeuble.

Alexia Tisserant, qui se promène avec son nourrisson en poussette, a ressenti un sentiment d'"horreur" et de "stupéfaction": "de la peur, de l'incompréhension, un peu de la haine", dit la jeune mère de 27 ans. "Je ne comprends pas". 

Les témoignages des voisins immédiats semblaient décrire une femme discrète. "Je lui disais bonjour, au revoir", raconte une voisine de 53 ans, qui décrit une femme "normale".

Les deux enfants du couple, nés entre 2020 et 2021, ont fait l’objet d’une mesure de placement provisoire et ont été confiés à l’aide sociale à l’enfance.