Quel accueil pour les mineurs étrangers non-accompagnés en Haute-Savoie ?

En 2018, la Haute-Savoie a pris en charge 564 mineurs étrangers non-accompagnés. Les structures départementales sont débordées. De leur côté, des citoyens se sont organisés pour accueillir ces jeunes chez eux. Certains en témoignent devant d'autres jeunes, plus privilégiés, des lycéens de Poisy.
 


Depuis octobre 2017, le département de la Haute-Savoie fait face à une arrivée importante de jeunes migrants étrangers, catégorisés sous l'appellation administrative de MNA, pour "mineurs non-accompagnés".

Comme l'explique le journal Libération, "lorsqu’ils sont reconnus mineurs, ils ne relèvent en effet pas du Code des étrangers mais de la protection de l’enfance, une compétence confiée aux départements".

Cette année, en Haute-Savoie, 564 d'entre eux ont été pris en charge par les structures départementales, qui se disent débordées. Le département de Haute-Savoie, l'Etat et l'autorité judiciaire ont donc signé un protocole d'accord pour mieux "évaluer" l'âge de ces jeunes.

Services saturés, défiance systématique, "pour les associations, ces adolescents payent une politique de «non-accueil» qui dépasse le cadre départemental", selon Libération.
Quel accueil pour les mineurs étrangers non-accompagnés en Haute-Savoie ?


Les pouvoirs publics veulent mieux évaluer l'âge des migrants mineurs non-accompagnés


Sur le communiqué de presse commun du Président du Département, du Préfet de la HauteSavoie, des Procureurs de la République des tribunaux de grande instance d’Annecy, Bonneville et Thonon-les-Bainss, on peut lire en effet  :


"depuis le 1er janvier 2018, les services du Département ont mené 200 évaluations qui ont conduit à 123 admissions et 77 refus, soit 38% de refus. Sur les 3 derniers mois, le taux de refus est passé à 64%.

En effet, il apparaît que parmi les jeunes migrants non-accompagnés, beaucoup ne sont pas mineurs, réalité qu’il est difficile d’établir. Le protocole signé ce jour devrait aider le Département à avancer sur cette évaluation de façon plus efficace.

Le protocole prévoit notamment que :

_la durée de la phase d’évaluation sera contenue dans la limite de 23 jours (nombre de jours que l’État s’est engagé à rembourser aux Départements pendant l’évaluation). Cette mesure permet également de contenir la durée de la mise à l’abri, au risque, à défaut, d’embolisation du dispositif de mise à l’abri et donc du dispositif général de prise en charge des MNA

_le Département pourra solliciter auprès des services de la Préfecture toute vérification utile pour toute personne se déclarant mineure, dès son arrivée, que cette personne présente ou non des documents. Cette mesure constitue une avancée majeure."
 


Les citoyens témoignent de leurs actions pour mieux accueillir ces mineurs 


En Haute-Savoie, comme ailleurs, les citoyens, de leur côté, se sont organisés en collectif pour accueillir ces jeunes chez eux. Et certains de ces "accueillants", comme ils se sont définis eux-mêmes, ont décidé de venir témoigner devant d'autres jeunes plus privilégiés.

Des lycéens de l'ISETA, le lycée agricole de Poisy, le lycée où travaille justement le jeune migrant Khairollah.

Une initiative qui prend tout son sens, à la veille de la Journée internationale des migrants.

Demain mardi soir 18 décembre, une marche de soutien aux migrants partira à 18h du centre-ville d'Annecy. 



 
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