Coronavirus COVID 19 : non, l'hôpital de Sallanches n'a pas besoin de masques Easybreath de chez Décathlon

Masque Easybreath Décathlon / © MARCO BERTORELLO / AFP
Masque Easybreath Décathlon / © MARCO BERTORELLO / AFP

Un Haut-Savoyard a pris l'initiative de recenser le nombre de masques easybreath Décathlon dans sa commune en vue de les transformer en respirateurs si l'hôpital de Sallanches venait à en manquer durant l'épidémie de Covid 19. L'établissement assure qu'il n'est pas à l'origine de cette demande. 

Par Flore Caron

"Je copilote un projet de développement d’un respirateur non invasif pour traiter les cas modérés de Covid 19 à Sallanches, au lieu de déplacer les patients au CHALNous avons besoin de récupérer des masques de plongée Décathlon easybreath récents et en bon état, dans toutes les tailles, sans la partie tuba, affirme dans un courriel le Sallanchard Frédéric Lubart, acheteur international en industrie cosmétique. L’hôpital va en avoir besoin sous une petite semaine.

"Fake news" rétorque le directeur de l'hôpital de Sallanches qui certifie "avoir, pour l'instant, des respirateurs au sein de l’hôpital, des lits de réanimation qui ne sont pas tous occupés et des unités qui ne sont pas pleines."
 

Décathlon propose d'accompagner certains centres de recherche

Dans le contexte de la crise sanitaire qui touche actuellement le monde entier, Décathlon a en effet partagé les plans de son masque easybreath pour "accompagner techniquement certains centres de recherche en France, comme à l'étranger, dans le but de réaliser des tests et ainsi voir si le produit peut - ou non - être adapté."

Selon certains médias, une version modulée du masque - pourvue d'une valve - pourrait être utilisée dans les hôpitaux pour pallier le manque de respirateurs. Un premier prototype aurait déjà été testé par deux hôpitaux italiens. Toutefois, l'entreprise française de grande distribution de sport et de loisirs appelle à la prudence sur les réseaux sociaux. "Si on voit des projets aboutir, et que des hôpitaux nous confirment que certains tests fonctionnent, alors on vous tiendra informés", précise la communication.

 

"Une discussion entre citoyens"

"Le message a été relayé trop loin. C'est une erreur", admet Frédéric Lubart, qui affirme avoir reçu trop d'offres et de manière éparpillée géographiquement. D'autre part, il précise qu'il n'y a pas de "collecte" pour le moment mais qu'il ne s'agit que "d'un recensement". "Aujourd’hui j’ai suffisamment de personnes qui se sont manifestées", prévient-il.

Le sallanchard assure d'autre part que "des gens sont en train d’imprimer ces pièces [les valves qui sont ajoutées au masque, NDLR] pour le jour où on en aura besoin." Il précise enfin : "Le projet n’est coordonné par aucune institution. Ce sont des gens qui se parlent entre eux, des médecins qui indépendamment de leur hiérarchie, émettent des besoins mais il n’y a personne qui décide." Une méthode qui n'est pas sans déplaire à l'hôpital de Sallanches. 
 

L'hôpital de Sallanches totalement réticent

"Je ne me permettrais pas de faire de la médecine alors que je ne suis pas médecin", martèle le directeur général de l'établissement qui explique avoir pris connaissance de cette demande sur les réseaux sociaux. Moi je suis ouvert à tout. Je ne suis pas défavorable à ce qu’on ait plein d’essais cliniques dans l’hôpital, mais il faut qu'ils soient encadrés. Je ne peux pas tolérer qu’il y ait des essais cliniques qui se montent dans nos établissements ou en dehors de nos établissements – ce qui serait encore plus dangereux - sans qu’il y ait de réflexion médicale."

"Depuis la fin du XVIIIe siècle, les médecins réfléchissent en équipe. Si la fabrication d’outils et de médicaments prennent du temps c’est parce qu’il y a des étapes incontournables qui permettent de s’assurer qu’il n’y a pas de risques, explique le directeur général. Pour l’instant il y a eu un essai de ces masques en Italie mais on n’a pas de retour en termes de publications sur leur fonctionnement."

Depuis l'envoi du courriel, l'hôpital reçoit sans cesse des appels de personnes qui veulent savoir si l'initiative est soutenue par l'établissement. "Ça nous prend du temps, se désole le directeur général. On a une guerre à affronter, on se démène sur le terrain et là ce sont des heures où on n’est pas au front."


 

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