Mont-Blanc et réchauffement climatique : ce que l'on sait de l'écroulement sur l'arête des cosmiques

L'écroulement s'est produit à la base de l'arête des Cosmiques. / © Facebook La Chamoniarde - PGHM de Chamonix.
L'écroulement s'est produit à la base de l'arête des Cosmiques. / © Facebook La Chamoniarde - PGHM de Chamonix.

C'est bien le réchauffement climatique qui est à l'origine de l'écroulement sur l'arête des Cosmiques dans le massif du Mont-Blanc. 300 à 400 m3 de roches sont tombées ce mercredi 22 août 2018 et d'autres éboulements ne sont pas exclus d'ici l'automne.

Par Yann Gonon

C'est l'une des courses les plus fréquentées dans le massif du Mont-Blanc. Ce mercredi 22 août 2018, plusieurs centaines de m3 de roches se sont écroulées sous l'arête des Cosmiques. Le réchauffement climatique est à l'origine du phénomène. Le glaciologue Ludovic Ravanel a accepté de répondre à nos questions. Voilà ce que l'on sait de l'écroulement d'hier.

 

Qu'est-ce qui s'est effondré ? 



C'est une toute petite partie de la paroi, située 25 mètres en contrebas de l'arête, qui s'est écroulée. Ce qui est "remarquable" selon Ludovic Ravanel, ce n'est pas "l'ampleur du phénomène" qui est selon lui "très classique" mais "l'endroit" où se sont produites les chutes de pierres. 

Il était précisément 11h06 quand l'écroulement a eu lieu, hier mercredi. Ludovic Ravanel a assisté en direct à l'événement. "Un gros bruit, un gros nuage de poussière" mais "qui s'est dissipé assez vite" parce que le volume de pierre n'était pas si important. Au total, entre 300 et 400 mètres cube seraient tombés.

Très belle, pas très dure et facile d'accès par le téléphérique de l'Aiguille du Midi, l'arête des cosmiques est un "best-seller" des courses dans le massif du Mont-Blanc selon le glaciologue. On peut ainsi y croiser certains jours près une centaine d'alpinistes.

 

Pourquoi la montagne s'effondre-t-elle ?

 

Pour Ludovic Ravanel, c'est clairement le réchauffement climatique qui est en cause. Des canicules en 2003, 2006, 2015, 2017 et 2018 mais aussi plusieurs autres étés très chaud, "on est en train de dégeler des terrains gelés depuis des milliers d'années" explique le glaciologue. Le "ciment de glace" qui assure depuis toujours la cohésion des blocs se dégrade, d'où des éboulements plus fréquents. Et même si l'hiver dernier a été très enneigé, "l'hiver n'est pas suffisant pour recharger en glace".



Y a-t-il eu des précédents ? 



Le réchauffement climatique est à l'origine de fréquents éboulements dans les Alpes depuis quelques années.

En Suisse, il y a tout juste 1 an, c'est le Piz Cengalo, à la frontière avec l'Italie qui avait déversé environ 4 millions de mètres cube sur un petit village du canton des Grisons. 8 villageois étaient morts ensevelis. La montagne était connue pour son instabilité. Elle avait bougé de 30 centimètres au cours des 3 dernières années rappelle le site Swissinfo.ch.

En octobre 2017, dans la nuit du 28 au 29 septembre 2017, près de 100.000 mètres cube de roche, s'étaient écroulés au pied de l’éperon Tournier, en Haute-Savoie.
 

Parmi les autres "écroulements" marquants, celui du pilier Bonatti. C'était en 2005, dans la face nord des Drus. Ce 29 juin 2005, 260 000 m3 de pierres s'étaient détachées d'un seul coup de la paroi. 
 

 

D'autres écroulements à craindre ? 



Les observateurs de la montagne sont tous d'accords. Ces épisodes de chutes de pierres vont à coup sûr se reproduire. D'autres écroulements sont ainsi possibles alors même que les températures ont déjà commencé à baisser. Ils seront peut-être "moins fréquents" mais potentiellement avec "plus de volume" explique encore Ludovic Ravanel. Le phénomène peut durer jusqu'à l'automne car "la chaleur continue à pénétrer même s'il gèle en surface".

 

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