Eau marron, odeur de poisson… Une algue microscopique prolifère de manière "exceptionnelle" dans le lac Léman

Une microalgue inoffensive colore depuis quelques jours les eaux du Léman et dégage une odeur nauséabonde. Elle ne présente aucun risque et devrait disparaître dans les prochains jours. Un phénomène similaire s'était déjà produit il y a une vingtaine d'années.
Une microalgue qui prolifère dans le lac Léman lui donne une teinte marron inhabituelle.
Une microalgue qui prolifère dans le lac Léman lui donne une teinte marron inhabituelle. © Image satellite / Sentinel-2-L2A

On la reconnaît à la teinte marron qu'elle donne aux eaux et son odeur de poisson, quelque peu nauséabonde. Une algue microscopique prolifère "de manière spectaculaire" depuis quelques jours dans le lac Léman. De son nom Uroglena sp., elle n'est pas toxique mais rend les eaux très peu transparentes. La Commission internationale pour la protection des eaux du Léman (Cipel) a été contactée à plusieurs reprises en début de semaine sur l'aspect inhabituel des eaux du lac.

Le phénomène a été constaté d'Amphion-les-Bains à Clarens en passant par Cully et Saint-Gingolph (Haute-Savoie). Par mesure de précaution, la baignade a été interdite temporairement dans plusieurs villes. Mais après des analyses réalisées par l'Inrae, l'origine de cet épisode peu habituel a pu être identifié. Il est causé par une microalgue inoffensive. "Cette prolifération, qui a démarré le week-end dernier, devrait se résorber naturellement ces prochains jours", fait savoir la Cipel dans un communiqué.

 

Les eaux sous surveillance

Un épisode similaire s'était produit à l'été 1999 dans le Léman, dû à la même algue. La transparence des eaux était alors inférieure à 1 mètre. "D’autres microalgues prolifèrent au Léman du printemps à l’automne", ajoute la commission, citant l’algue filamenteuse Mougeotia gracillima, plus problématique. Cette dernière s'est développée plus en profondeur, colmatant les filets de pêche et faisant risquer une baisse des captures de poissons.

La Cipel surveille également le développement d'une autre algue, la cyanobactérie toxique Planktothrix rubescens. Un organisme qui se développe depuis quelques années et pose problème pour l'eau potable et la baignade.

 

Poursuivre votre lecture sur ces sujets
suisse international léman nature parcs et régions naturelles environnement