Haute-Savoie : 237 suppressions d'emploi chez Frank et Pignard, ancien fleuron du décolletage dans la vallée de l'Arve

Le décolleteur Frank et Pignard, basé à Thyez dans la vallée de l'Arve, va se séparer de 237 salariés. Tous les agents de fabrication vont perdre leur emploi. Une chute précipitée par la crise du coronavirus, selon son dirigeant.
Le fabricant de composants automobiles est en redressement judiciaire depuis le 2 juin.
Le fabricant de composants automobiles est en redressement judiciaire depuis le 2 juin. © M.F. / France 3 Alpes
Ancien fleuron du décolletage, Frank et Pignard va se séparer des deux tiers de ses salariés. L'entreprise de Thyez (Haute-Savoie), en redressement judiciaire depuis le 2 juin, va être reprise par son actuel dirigeant, Marc Horellou. Le tribunal de commerce de Grenoble a validé son offre de reprise vendredi 31 juillet. Elle prévoit la suppression de 237 emplois sur 367.

"On espérait qu'il y ait un autre repreneur parce que (l'autre offre) reprenait plus d'employés, dont 69 agents de fabrication, contrairement à l'offre de M. Horellou qui lui ne prend aucun agent de fabrication", souffle Géraldine D'Incau, déléguée syndicale CFTC chez Frank et Pignard. Une seconde offre de reprise de la société ACI a effectivement été formulée auprès du tribunal de commerce mais "son côté financier n'apportait pas assez de garanties", concède la déléguée syndicale.

Comme tous les agents de fabrication de l'usine, Géraldine D'Incau va recevoir sa lettre de licenciement dans les prochaines semaines. Elle travaillait chez Frank et Pignard depuis 31 ans. "On ne comprend pas comment il va pouvoir faire tourner cette entreprise sans ces personnes. On espérait tourner la page, avoir une autre personne qui se diversifie dans le médical, l'armement puis du décolletage (...) On voulait donner sa chance à une autre personne", regrette-t-elle.

 

 1 200 salariés il y a 20 ans


"La plupart de ces personnes n'ont pas de qualification, donc ça va être compliqué pour retrouver du travail. Même si j'ai fait du contrôle pendant des années, je n'ai pas de diplôme", ajoute la déléguée syndicale, se remémorant ses débuts au sein de l'entreprise : "Quand j'ai commencé, tout le monde rêvait de travailler chez Frank et Pignard, il y avait des super avantages, il y avait une bonne entente (...) Mais depuis quelque temps, on a plusieurs acheteurs donc à chaque fois on y croit, mais non..."

Frank et Pignard est une entreprise du groupe Maike Automotive, en difficultés financières depuis plusieurs années. Le groupe industriel, l'un des leaders du décolletage en Haute-Savoie, a été placé en procédure de sauvegarde à de multiples reprises. Sa filiale Frank et Pignard a notamment subi deux plans sociaux consécutifs en 2007 et 2008, avant de se séparer d'une centaine de salariés en 2018. L'entreprise comptait quelque 1 200 salariés il y a 20 ans. Il n'en restera plus que 130 une fois le nouveau plan de reprise mis en œuvre.

Le coronavirus est venu porter le coup de grâce à cet ancien fleuron du décolletage, bien que Géraldine D'Incau considère qu'il s'agit d'une "excuse" après toutes les difficultés rencontrées depuis des années, et la crise du secteur automobile qui n'a rien arrangé.

 
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