"Il faut arrêter d'urbaniser" : un "écoparc" d'une vingtaine d'hectares contesté en Haute-Savoie

Un projet de pépinière d'entreprises, lancé depuis plusieurs années à Saint-Julien-en-Genevois (Haute-Savoie), doit permettre la création de 1 200 emplois dans un bassin de vie situé près de la Suisse. Un collectif citoyen et la Confédération paysanne s'opposent à la réalisation du projet et veulent préserver les espaces naturels.

À Saint-Julien-en-Genevois, un projet d'écoparc, lancé depuis plusieurs années, fait toujours polémique. La communauté de communes du Genevois veut construire un parc d'activités dédié aux entreprisessur une vingtaine d'hectares. La Confédération paysanne et un collectif citoyen s'y opposent au nom de la sauvegarde des terres agricoles.

Le projet est au ralenti depuis l'annulation de l'autorisation environnementale obtenue par la Confédération, auprès du tribunal administratif de Grenoble, en décembre dernier. Une décision justifiée pour plusieurs raisons, selon la juridiction, dont l'absence de remise en état du site après exploitation et l'insuffisance de l'étude d'impact quant aux déchets liés au chantier.

Pour la Confédération paysanne et le collectif de citoyens, l'objectif est de sauvegarder ces terres agricoles : "J'exploitais une de ces parcelles. Je connais ces terres depuis mon enfance. Il y avait des haies, des zones de bocage. C'était quelque chose de vivant, à taille humaine, qui n'avait pas été trop impacté par des remembrements ou autres. C'est triste", raconte Gilles Mugnier, exploitant agricole.

D'un "écoparc" vers un "agroparc" ?

Il y a vingt ans, cinq exploitants ont ainsi revendu leurs terres. Depuis, des travaux de déboisement ont été entamés. Le projet n'a cessé d'évoluer au fil des années.

Les opposants proposent désormais un contre-projet : un "agroparc" pour permettre aux jeunes agriculteurs de s'installer. "Il y a un objectif de zéro artificialisation net des terres agricoles d'ici 2050. Il faut accélérer le 'truc'. C'est maintenant qu'il faut arrêter d'urbaniser. On a déjà assez urbanisé en Haute-Savoie et dans la Communauté de communes du Genevois (CCG) encore plus qu'ailleurs", détaille Matthieu Dunand de la Confédération paysanne.

C'est un parc qui a vocation à mettre en place des activités productives à haute valeur ajoutée et pouvoir rémunérer des  salariés français comme il se doit.

Florent Benoit, vice-président de la CCG en charge du développement économique.

La CCG, quant à elle, reste déterminée à poursuivre son projet estimé à 13,2 millions d'euros. L'objectif est d'accueillir des entreprises spécialisées dans le bâtiment avec, notamment, la création de 1 200 emplois : "On ne peut pas dépendre uniquement de Genève pour ce qui est des emplois", explique Florent Benoit, vice-président en charge du développement économique.

"C'est un parc qui a vocation à mettre en place des activités productives à haute valeur ajoutée et pouvoir rémunérer des salariés français comme il se doit. C'est-à-dire de pouvoir vivre, pour ces salariés, sur notre territoire", poursuit-il.

La bataille se joue désormais sur le terrain juridique. Après l'annulation de l'autorisation environnementale par le tribunal administratif de Grenoble, les porteurs du projet ont décidé de faire appel.