Le chauffeur du car scolaire à la barre au procès du drame d'Allinges

Jean-Jacques Prost à la barre du tribunal correctionnel de Thonon les Bains, le 5 avril 2013 / © dessin Christophe Busti
Jean-Jacques Prost à la barre du tribunal correctionnel de Thonon les Bains, le 5 avril 2013 / © dessin Christophe Busti

Ce témoignage était attendu depuis cinq ans. Cinq ans que Jean-Jacques Prost attendait de s'expliquer de vive voix devant les familles, cinq années que les parents attendaient ses explications après le drame d'Allinges. Le chauffeur du car s'est effondré en sanglots.

Par F. G avec Ariane Combes-Savary

Ce vendredi 5 avril, en préambule de cette importante journée d'audience, le Président Benjamin Deparis s'est adressé à Jean-Jacques Prost: "nous sommes là pour avancer, nous n'avons aucune raison à priori de douter de votre bonne foi". Depuis le début du procès, ce prévenu a promis toute la vérité alors il s'est mis à raconter...Extraits.

 / © Jean-Jacques Prost: "Le car avec lequel je roulais le jour de l'accident, n'était pas mon car attitré, je ne l'aimais pas ce car-là, il lançait mal à l'accélération et avait une vue latérale très restreinte".

"Je suis formel (avant de m'engager sur passage à niveau) je n'ai rien entendu et je n'ai pas vu de signal lumineux. Je n'ai été alerte que lorsque derrière moi une élevé s'est levée et a dit: 'regarde!, il y a une barrière qui descend' (...) j'ai cru à une blague, elle a répété et elle a changé de visage".

Le chauffeur a ensuite reconnu avoir freiné et s'être arrêté deux fois: "j'ai ma part de responsabilité mais j'ai le sentiment d'avoir été piégé".

Procès d'Allinges : La parole est aux prévenus
Intervenants : Eric Charvet, père de Yannis décédé dans l'accident; Alain Duchamp, père de Léa décédée dans l'accident; David Héraclide, père d'une victime; Alban Pousset-Bougère, avocat du chauffeur

"La vérité sera dite, les enfants pourront se reposer en paix"


Parmi les sept collégiens de 11 à 13 ans qui sont morts lors de l'accident, certains lui parlaient régulièrement. "Ils avaient l'habitude de vous donner des petites choses", lui a rappelé le président du tribunal, parlant de "doudous" et de "pendentifs" à accrocher au rétroviseur intérieur de son car. "Oui, ils étaient très reconnaissants, respectueux", a acquiescé M. Prost.

"Aujourd'hui, j'ai qu'une envie, c'est de partir avec mes gamins", a lâché le chauffeur d'une voix étranglée. Au président qui lui demandait, "qu'est-ce que vous pensez aujourd'hui de tout ça?", il a répondu visiblement très ému: "c'est quelque chose de terrible parce que c'était un piège. Je tiens à m'excuser auprès des familles. Je partage avec elles ces moments de douleur depuis le début. D'une certaine manière, je suis content d'être là, la vérité sera dite, les enfants pourront se reposer en paix ainsi que leur famille. J'aurais préféré partir avec eux que d'être là aujourd'hui. Si j'ai résisté jusqu'ici c'est pour les familles".

Jean-Jacques Prost s'est ensuite effondré en sanglots. L'audience a été suspendue. A la sortie de la salle d'audience, plusieurs parties civiles sont sorties en pleurs.

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Les enjeux de ces témoignages
Ariane Combes-Savary au tribunal correctionnel de Thonon pour le procès du drame dit d'Allinges. Extrait du 12/13 du 5 avril.

 

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