Pollution au Pays du Mont-Blanc: le maire de Saint-Gervais milite pour un "Fonds Air Trafic" et un "Fonds Air Industrie"

Il y a un truc qui ne passe pas au Pays du Mont-Blanc. Les élus du secteur, -qui sont les premiers à condamner la pollution-, ont été émus par la diffusion d'un reportage de France 2 sur les conséquences de cette pollution. Depuis, ils re-montent au créneau avec de nouvelles idées. 

On a beau l'entendre souvent sur la pollution, quand ce thème est abordé par les médias nationaux Jean-Marc Peillex est vert de rage. Le reportage de France 2 a du mal à passer: "Si notre territoire n'est pas épargné par la pollution, il focalise injustement l'attention des médias. Il n'est malheureusement pas le seul territoire concerné, la plupart des grandes agglomérations, telles Annecy, Grenoble, Paris… vivent désormais au quotidien des épisodes forts de pollution en particulier celle des particules PM 10 et PM 2,5."

Une réflexion qui ferait presque oublier que des milliers de touristes viennent toutefois au Pays du Mont-Blanc pour prendre un bon bol d'air! Or, sans le savoir, ils sont souvent accueillis dans un des secteurs les plus pollués de France. 

Il s'agit sûrement de la fumée accumulée par les appareils à raclette au feu de bois!"


Pour le maire de Saint-Gervais, cette pollution "est avant tout la conséquence du changement climatique pour lequel nos gouvernants nationaux sont incapables de
prendre des mesures efficaces et courageuses alors que seul un changement de nos habitudes et de nos modes de consommation pourraient inverser la situation."

Selon lui, le phénomène d'inversion des températures (chaleur en altitude, fraîcheur en plaine), de plus en plus fréquent, empêche l'évacuation des polluants qui ne proviendrait pas seulement des habitants des vallées mais aussi du Genevois tout proche. L'utilisation de cheminées à foyer ouvert, le brûlage de branches ne suffisent pas à expliquer "le nuage". Et l'élu s'appuie sur des graphes qui montrent que les pics de production des particules fines se situent très souvent en pleine nuit. "Il s'agit sûrement de la fumée accumulée par les appareils à raclette au feu de bois!", lance-t-il avec ironie. 

"Si les cheminées sont les sources théoriquement les plus polluantes", souligne Jean-Marc Peillex, "c'est bien la production des particules fines émises par la circulation, internationale et locale des véhicules, additionnée à celles rejetées par les industries qui est la cause de cette situation et qui doit être l'objet de tous les efforts des autorités nationales." Et face à la circulation, les mesures du Plan de Protection de l'Air ont prouvé "leur inefficience", remarque le maire, "qu'il s’agisse de la limitation de la vitesse à 110km/h sur l'autoroute ou de l'incitation à mettre aux normes les cheminées et les poêles à bois."

Alors J-M. Peillex sort les propositions:

  • Agir sur la circulation de transit: interdiction en permanence et non pas pendant les seuls pics de dépassement d'une "pollution autorisée et tolérable" des camions les plus polluants.
  • Créer un "Fonds Air Trafic" sur le modèle du "Fonds Air Bois" pour aider les entreprises, les collectivités locales à remplacer rapidement leurs véhicules les plus polluants, car elles n’ont pas les moyens économiques de le faire.
  • Agir sur les entreprises polluantes: mise aux normes des entreprises polluantes de la vallée et redéfinition de la localisation des activités extrêmement polluantes tels les incinérateurs d'ordures ménagères.
  • Créer un "Fonds Air Industrie" pour aider les entreprises à diminuer la pollution qu'elles génèrent.
  • Financer le "Fonds Air Trafic" et le "Fonds Air Industrie" en instaurant un Fonds de Péréquation et de Solidarité Nationale sur le modèle du Fonds National de Péréquation des ressources intercommunales et communales (FPIC) qui oblige les collectivités les plus riches à donner aux plus pauvres. Ce nouveau fonds permettrait de prendre aux Communes, Départements "propres" pour donner à celles qui sont victimes de la pollution.

"La santé publique mérite bien un élan de solidarité nationale", conclut le maire de Saint-Gervais.