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Tuerie de Chevaline: levée du contrôle judiciaire de Zaïd al-Hilli

Zaïd al-Hilli avait été entendu dès le lendemain des meurtres. Il a toujours nié le conflit familial. / © AFP
Zaïd al-Hilli avait été entendu dès le lendemain des meurtres. Il a toujours nié le conflit familial. / © AFP

Zaïd al-Hilli, suspect dans l’affaire de la tuerie de Chevaline, en Haute-Savoie, a obtenu, ce mercredi 15 janvier, la levée de son contrôle judiciaire. Les autorités judiciaires françaises rappelle que l’homme reste malgré tout suspect.

Par France 3 Alpes avec AFP

Zaïd al-Hilli, le frère de Saad al-Hilli, l'une des quatre victimes de la tuerie de Chevaline, a obtenu, au Royaume-Uni, la levée de son contrôle judiciaire. "A ce stade, les preuves sont  insuffisantes pour poursuivre" Zaïd al-Hilli, a indiqué la police britannique dans un communiqué. Les autorités "n'envisagent pas d'actions supplémentaires pour le moment."

Toujours suspect pour les autorités françaises


Zaïd al-Hilli reste tout de même "suspect" ont immédiatement commenté les autorités judiciaires françaises. Le procureur de la République d'Annecy, Eric Maillaud, a, peu après, affirmé qu'en dépit des apparences inhérentes aux particularités de "deux régimes juridiques différents", l'homme de 54 ans n'était aucunement "disculpé". "En France, nous n'aurions pas levé le contrôle judiciaire. Nous l'aurions probablement maintenu en l'allégeant", a insisté M. Maillaud.

Zaïd al-Hilli "n'a pas répondu de façon claire et précise à plusieurs questions fondamentales, relatives notamment à son emploi du temps", a par ailleurs indiqué une source proche de l'enquête, visiblement frustrée.

L’homme avait été arrêté le 24 juin 2013, soupçonné de "complot pour commettre un meurtre" et remis en liberté provisoire et conditionnelle dès le lendemain. Depuis lors, il n'a cessé de clamer son innocence dans diverses interviews, et a refusé de se rendre en France pour y être entendu. "S'il mettait le pied en territoire français, il serait placé en garde à vue", a convenu une source proche de l'enquête.

Zaïd al-Hilli reconnaît cependant l'existence d'un conflit parfois violent avec son frère défunt, relatif à un héritage paternel portant sur plusieurs millions d'euros. Des perquisitions ont été effectuées sans résultat à son domicile britannique et au club de golf dont il est gérant.

Trois pistes privilégiées


Le mystère demeure donc entier 16 mois après le quadruple meurtre pour lequel trois pistes demeurent privilégiées: le conflit familial sur fond d'héritage, la piste irakienne et celle de l'espionnage industriel.

Saad al-Hilli, 50 ans, ingénieur britannique d'origine irakienne travaillant dans le secteur de l'aéronautique au Royaume-Uni, sa femme de 47 ans, et sa belle-mère de 74 ans, ont été exécutés de plusieurs balles dans leur voiture, sur une petite route forestière de Haute-Savoie, le 5 septembre 2012.

Un cycliste français avait également été tué. L'une des fillettes du couple al-Hilli sérieusement blessée tandis que la seconde, cachée sous la jupe de sa mère, s'en est miraculeusement sortie indemne. Elles vivent depuis lors chez des parents, à une adresse tenue secrète.

Le dernier rebondissement significatif porté à la connaissance du public remonte au mois de novembre 2013, quand les enquêteurs français ont diffusé le portrait-robot d'un mystérieux motard. L'homme portant un bouc et coiffé d'un casque vendu à peu d'exemplaires a été signalé à proximité des lieux du crime.

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