Voile : "Ça va être complètement dingue", qui est Aurélien Ducroz, ancien skieur freeride engagé sur la Route du Rhum

Ancien skieur freeride professionnel, Aurélien Ducroz est le seul skipper haut-savoyard à prendre le départ de la Route du Rhum 2022, ce mercredi 9 novembre. Un profil particulier, passionné par la glisse aussi bien sur la neige que sur les océans.

Tous les bateaux sont arrivés sur le port de Saint-Malo, prêts à prendre le large pour l'édition 2022 de la Route du Rhum. Les participants retiennent leur souffle, déjà depuis plusieurs jours. Pour cause, le départ a été repoussé de dimanche dernier à ce mercredi 9 novembre en raison des mauvaises conditions météorologiques.

Parmi les skippers engagés dans cette solitaire à la voile figure un Haut-Savoyard : Aurélien Ducroz. Un profil qui détonne. Le quadragénaire a eu une autre vie avant de larguer les amarres. Loin de la mer, de la houle et de Saint-Malo, lieu de départ de la Route du Rhum, le Chamoniard s'est d'abord épanoui dans les Alpes. Issu d'une famille de guides de haute montagne et de moniteurs de ski, la montagne fait partie de son patrimoine génétique.

Dans sa jeunesse, Aurélien Ducroz a même été titré, à trois reprises, champion de France junior en saut à ski. Sa quête des grands espaces l'amène en haute altitude. En 2009, le skieur remporte l'Xtreme de Verbier et devient champion du monde de ski freeride. Deux ans plus tard : rebelote. Il remporte de nouveau l'épreuve suisse et sort vainqueur du freeride World Tour 2011.

La même année, en parallèle de sa carrière de skieur freeride, il s'aligne au départ de la Mini Transat. Il accumule les expériences de courses au large : Mini, Figaro, Imoca, Class40, Diam24... En juin dernier, il remporte même le Championnat du monde de Class40 en équipage, à La Rochelle.

"L'élément et la trajectoire"

Les marins et le monde de la voile l'ont adopté. Le virus de l'océan l'a piqué, comme celui des montagnes. Lors d'une rencontre avec France 3 Alpes en septembre dernier, il confiait se sentir "aussi à l'aise dans ces deux éléments qui ont tant de points communs : le même goût de la liberté et le plaisir de la glisse".

"En mer, il y a deux choses à prendre en compte : l’élément et la trajectoire. C’est exactement ce que je fais en ski", comparait-il. "Le mental maximal du freerider, cela se fait sur de très courtes durées. Alors que là, c'est peut-être moins intense d'un coup, suivant les moments. Mais sur deux, trois semaines de course, voire comme sur un Vendée Globe, c'est une façon complètement différente de gérer ses émotions, quand on est seul à bord."

Ce mercredi, il prendra le départ de la route du Rhum à bord de son Class40 Crosscall, un monocoque de 12 mètres de long très en vogue. Cette "Formule 1 de la voile" sera la catégorie la plus représentée pour cette solitaire. Aurélien Ducroz a su apprivoiser son bateau : "Il faut vérifier l'ensemble du bateau assez régulièrement, s'assurer que tout se passe bien à droite à gauche, détecter toute anomalie ou usure avant que ça devienne un problème. Oui, il y a beaucoup de paramètres à prendre en compte. Pendant cette course qui va durer 20 jours, il faut s'astreindre à adopter cette routine de vigilance en mer."

"Ce n'est pas un petit morceau"

La veille du grand départ, le skieur ne cache pas son impatience : "C'est une grande première pour moi. C'est une chance énorme, ça va être complètement dingue à vivre. Au-delà de l'excitation, il y a un peu d'appréhension : ce n'est pas un petit morceau, la Route du Rhum. D'autant plus que les premiers jours vont être marqués par des conditions difficiles. Ca va être dur de faire avancer les bateaux jusqu'aux Açores."

Comme tous les skippers, Aurélien Ducroz a été soulagé d'apprendre le report du départ de quelques jours : "Au vu des conditions, c'est comme si l'on partait en montagnes avec un risque d'avalanche 5/5." Il poursuit : "L'attente, c'est quelque chose que je sais gérer. J'ai connu les mêmes situations en ski. La montagne est, elle aussi, imprévisible."

Ses ambitions pour cette Route du Rhum ? Il espère pouvoir jouer les trouble-fête : "Certes je n'ai pas la même expérience, mais j'ai le même bateau que les tous meilleurs. J'espère pouvoir accrocher le wagon de tête, tenir le paquet de 10. Mais en solo, il peut se passer tellement de choses... Alors au-delà de tout ça, je veux prendre du plaisir."

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