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Hommage d’une famille juive au village bourbonnais qui l’a protégé durant la guerre

Durant la seconde guerre mondiale, la population de Châtel-de-Neuvre dans l’Allier a caché une famille juive. Suivant la volonté de sa mère défunte, Jean-Pierre Hirsch, médecin à la retraite de Besançon, est revenu dans le village ou il a grandi pour rendre hommage aux habitants.
Jean-Pierre Hirsch devant la plaque commémorative de sa famille
Jean-Pierre Hirsch devant la plaque commémorative de sa famille © Pascal Franco
C’est dans une petite maison, le long de la Nationale 9, à côté de la poste, que Jean-Pierre Hirsch a vécu durant la majorité de la seconde guerre mondiale. Avec sa mère et ses grands-parents, il a trouvé à Châtel-de-Neuvre un refuge jusqu'à la Libération. Sa mère Janine Hirsch, décédé il y a trois ans, voulait remercier les habitants du village pour l’aide apportée durant cette sombre période. C’est pour respecter sa volonté, que son fils, Jean-Pierre Hirsch, accompagné de sa famille, s’est rendu vendredi 26 juin à Châtel-de-Neuvre pour dévoiler une plaque commémorative. Installée dans la cour de l’école, elle remercie les Castelneuvriens pour leur courage.

Plaque commémorative de la famille Hirsch remerciant  les habitants de Châtel-de-Neuvre.
Plaque commémorative de la famille Hirsch remerciant les habitants de Châtel-de-Neuvre. © Pascal Franco

Un village ému aux larmes

Dans la foule présente pour l’occasion dans la cour de l’école sont présentes des personnes qui ont bien connu Jean-Pierre Hirsch et sa famille. Notamment des camarades de classes qui savaient, comme tous les habitants du village, quelle était la situation de la famille. Lors de sa prise de parole Jean-Pierre Hirsch s’est ému de cette résistance quotidienne du silence. « Une résistance du cœur. » Le maire de la commune, Jacques Ferrandon (Divers Gauche), a souligné l’importance de cette cérémonie dans le contexte national actuel. Pour lui, les récents événements, depuis le début de l’année 2015, montrent les ravages du fanatisme.

Des souvenirs en pagaille malgré son jeune âge.

Jean-Pierre Hirsch conserve de nombreux souvenirs de cette période. Hormis la vie quotidienne à la campagne, il se souvient en particulier des autobus qui passaient toutes les semaines sur la route Nationale 9 pour emmener les futurs déportés de Moulins à Clermont-Ferrand. Des hommes et des femmes qui montraient au passant qu’ils étaient enchaînés. Il se souvient aussi des forteresses volantes américaines qui survolaient le village pour aller bombarder l’Allemagne. Il a aussi assisté à la débâcle des soldats nazis et au bal de la Libération.

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Commémoration Châtel-de-Neuvre

 

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