Salon de l'agriculture : ils-elles ont vu Macron (ou pas)

Emmanuel Macron au milieu de la foule / © GERARD JULIEN / AFP
Emmanuel Macron au milieu de la foule / © GERARD JULIEN / AFP

Le Président de la République au Salon de l’agriculture c’est une rencontre. Une journée à serrer des mains, signer des autographes et parler au milieu de milliers de personnes, aficionados ou opposants. A la fin de la journée l’opération de com est vécue diversement.

Par Frédérique-Marie Lamouret


Après un petit déjeuner avec les organisations syndicales, Emmanuel Macron traverse le Hall 4 pour pour rejoindre le hall 1 avec les animaux de ferme, frimas de l’hiver obligent. Les gens s’approchent du Président de la République, et souvent, ils rencontrent Emmanuel Macron. Le lien est direct, l'échange facilité. Et les invitations se succèdent. "Vous voulez bien Monsieur le Président venir faire une photo de groupe avec nous ?"

La photo de groupe

Océane, étudiante à AgroParisTech, une école supérieure publique qui forme le haut du panier des ingénieurs agronomes, obtient ce qu'elle désire. La fameuse photo de groupe.
Une photo de groupe des étudiants de AgroParisTech avec Emmanuel Macron au premier jour du salon de l'agriculture 2018 / © Christine Lehesran
Une photo de groupe des étudiants de AgroParisTech avec Emmanuel Macron au premier jour du salon de l'agriculture 2018 / © Christine Lehesran

Et puis elle aura aussi eu son entretien. Et elle, c'est certain, repart comme ses camarades, très satisfaite de sa matinée.

Certains attendent longtemps

L’exercice politique et de communication est rodé. Emmanuel Macron est venu pour rencontrer et parler… Il le fait.
Avec les aficionados, nombreux à vouloir le croiser, le toucher, obtenir un autographe ou même une photo pour les plus aficionados… « je suis content de vous avoir rencontré »

La santé publique au coeur des échanges

Mais parfois c’est plus musclé. Sur les dossiers le plus brûlants. De la simplification administrative aux glyphosates. Ces échanges montrent la tension sur des sujets importants même y compris de santé publique. Le Président souligne la responsabilité qui est la sienne, faisant même un parallèle avec des scandales passés... "Le glyphosate, il n'y a aucun rapport qui dit que ce c'est innocent... J'aurais à répondre de ce que je fais. Dans le passé on a dit l'amiante c'est pas dangereux. Et les dirigeants qui ont laissé passé, ont eu à répondre. Les ouvriers agricoles, les consommateurs qui demain diront "vous aviez le glyphosate vous le saviez vous n'avez rien fait", ils me regarderont les yeux dans les yeux." 

Même si le ton redescend, parfois, les thèses restent irréconciliables. Comme avec Alexandre Rueche céréalier dans les Yvelines avec qui le Président de la République aura discuté un long moment. Pour lui, Emmanuel Macron était "moyennement convaincant avec une position au gré du vent".

Le plan Loup

Parmi les sujets d'actualité, le "Plan Loup", largement suivi par France 3 Midi-Pyrénées, Languedoc-Roussillon ou Provence-Alpes,  ne satisfait ni les éleveurs ni les partisans du canidé. Des éleveurs soutenus dans leur démarche par des élus de terrain interpellent Emmanuel Macron tôt dans la matinée. La discussion même animée reste urbaine. Les arguments fusent. Le Président reste fidèle à sa réputation, adepte du discours sans langue de bois. " Si vous voulez m'entendre dire... je ne le ferai pas". Et rappelant que les préfets ont mandat au plus près pour accompagner les mesures à prendre.



Olivier Maurin éleveur en Lozère ne s'en laisse pas pour autant compter et sait aussi utiliser des raccourcis de langage laissant croire que des loups ont attaqué au coeur des villages. "En 30 secondes ou une minute c'est quasiment impossible de faire percevoir au Président la dangerosité de la prédation à la fois pour les éleveurs et les élus locaux." Saluant autant les qualités de communicant que la capacité du Président de la République à jouer "le jeu de venir à notre rencontre, on peut le saluer", il persiste en soulignant "qu'avec les opposants au plan "on ne lâchera rien sur le fond."
 

L'instant tendresse

Et puis dans tout effort au long court il y a toujours un moment où l'athlète fend l'armure. En ce premier jour de l'édition 2018 c'est au stand des professionnels de l'élevage des chèvres du Poitou (Organisme et entreprise de sélection caprin multiracial, que le Président de la République a connu "l'instant tendresse". Margot, 5 ans laissera sans doute la trace d'un joli sourire.


Un souvenir sympathique pour tout le monde que cette rencontre inopinée, "très agréable. Ce fut une grande surprise de le voir et une immense surprise de lui parler. Avec ces copines à l'école ou dans 10 ans, elle se rendra compte."

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