Incendie de l'abattoir de l'Ain: les professionnels de la viande appellent Macron à intervenir

Les professionnels français de la viande ont appelé, ce vendredi 28 septembre 2018, le président Emmanuel Macron à "enrayer immédiatement" les "violences sectaires" dont ils font l'objet après l'incendie criminel d'un grand abattoir situé à Haut-Valromey (Ain) dans la nuit de jeudi à vendredi.
 

28/09/2018
28/09/2018 © France3 RA
"Monsieur le Président de la République, nous comptons sur vous et votre gouvernement pour enrayer immédiatement" des "offensives sectaires qui ne peuvent qu'aboutir à une guerre civile" écrivent Dominique Langlois, président de l'interprofession des viandes bovines Interbev, et Guillaume Roué, président de l'interprofession des viandes porcines Inaporc, dans une lettre ouverte adressée à l'Elysée.
Un appel adressé, par les professionnels français de la viande, au président Emmanuel Macron et destiné à "enrayer immédiatement" les "violences sectaires" dont ils font l'objet, après l'incendie qui semble criminel d'un abattoir situé à Haut-Valromey dans l'Ain, dans la nuit de jeudi 27 à vendredi 28 septembre.

Un violent incendie a en effet ravagé dans la nuit de jeudi à vendredi un abattoir de l'Ain: la piste criminelle était privilégiée sur fond de tensions croissantes entre certains militants de la cause animale et la filière viande, dont les acteurs demandent donc, ce vendredi soir, l'intervention de l'Etat.
    L'incendie, qui n'a pas fait de blessés, s'est déclaré vers 01H00 sur la petite commune de Haut-Valromey, réduisant en fumée la moitié des 3500 mètres carrés des Etablissements Gessler, le plus important employeur local. "Tout ce qui est abattoir pur et bouverie n'a pas été impacté. Par contre, la charcuterie est détruite à 100%, l'administratif pareil et, pour tout ce qui est salle de découpe, il y aura de gros gros travaux" de remise en état, précise un dirigeants de l'entreprise.
    
"Plusieurs véhicules" garés sur le site ont été détruits, ont ajouté les pompiers qui, à l'aide de 15 engins, sont parvenus à maîtriser le sinistre au bout de quatre heures. "Nous sommes certains que c'est criminel. Des experts sont attendus sur place pour des vérifications", a confirmé le procureur de la République de Bourg-en-Bresse Christophe Rode, qui a ouvert une enquête pour "destruction volontaire de biens par substances incendiaires". 
    Selon la gendarmerie, "plusieurs départs de feu" ont été en effet constatés sur le site, où "ni revendication, ni tags" n'ont été relevés. "Il y a eu six départs de feu. La police a retrouvé six bidons d'accélérant, donc il est évident que c'est criminel. On ne sait pas qui a besoin ou envie de voir un outil de travail de cette nature partir en flammes", dénonce Christelle Gessler, fille du fondateur de l'entreprise. Qui peut avoir "besoin ou envie de voir 80 familles au chômage technique ?", s'est-elle demandé.

La brigade de recherche de la gendarmerie de Belley (Ain) a été chargée de l'enquête. 
  
Dans une lettre ouverte, les professionnels français de la viande ont appelé Emmanuel Macron à "enrayer immédiatement" les "offensives sectaires" dont ils font l'objet et "qui ne peuvent qu'aboutir à une guerre civile". "Cette nuit encore, un incendie criminel a détruit un abattoir. Les libertés de conscience et d'expression invoquées par des collectifs et associations anti-viande et antispécistes ne sauraient être les cautions de ces violences", écrivent les responsables de l'interprofession des viandes bovines Interbev et celles des viandes porcines Inaporc, en estimant à "un million" le nombre de personnes "travaillant" dans le secteur de la viande en France.
Estimant que "trop, c'est trop", la Fédération nationale bovine a estimé de son côté que les appels "répétés" des associations anti-viande "à faire brûler les abattoirs ne pouvaient conduire qu'aux conséquences dramatiques de cette nuit". Elle demande que les pouvoirs publics mettent un terme à cette "dérive" "dans les plus brefs délais". "Nous n'avons pas d'ennemis personnels, nous n'avons pas d'ennemis professionnels et nos concurrents ne sont pas des terroristes. Donc oui, effectivement dans le climat actuel, on peut tirer des conclusions. Elles sont peut-être hâtives et on verra bien ce que la police va conclure. En tout cas, tant que ça n'a pas été revendiqué, la seule chose dont on peut être sûr, c'est qu'on a affaire à des lâches", a conclu Mme Gessler.



 
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