Affaire Marie-Thérèse Bonfanti : vers la réouverture du dossier des disparues de Pontcharra ?

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Écrit par Sylvia Bouhadra

Cette semaine, le présumé meurtrier de Marie-Thérèse Bonfanti a été mis en examen après avoir avoué les faits. La jeune femme avait disparu en 1986 à Pontcharra en Isère. Suite à l’élucidation de cette affaire, d’autres cold cases pourraient être rouverts.

Trente-six ans après la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti, à Pontcharra en Isère, Yves Chatain, a reconnu les faits et a été mis en examen pour enlèvement et séquestration suivis de meurtre. En 1986, la jeune mère de famille âgée de 25 ans, disparaît alors qu’elle effectue sa tournée de factrice dans ce petit village situé à 40 km de Grenoble. Fautes d’éléments, l’affaire est clôturée avant d’être rouverte en mai 2020.

Ce cold case, résolu par la section de recherches (SR) de la gendarmerie de Grenoble ouvre la voie à d’autres affaires non élucidées et s’étant déroulées dans le même secteur, à quelques années d’intervalle.

Deux autres jeunes femmes disparues à Pontcharra

En octobre 1981, soit cinq ans avant la disparition de Marie-Thérèse Bonfanti, Liliane Chevènement, âgée de 41 ans, disparaît elle aussi à Pontcharra. Son corps est retrouvé quatre mois plus tard, à proximité de la Maison Chatain, appartenant à Yves Chatain. Elle a été étranglée avec du fil de fer.

Le 9 mai 1985, c’est Marie-Ange Billoud, âgée de 19 ans, qui disparaît à son tour dans des conditions mystérieuses alors qu’elle tente de rejoindre Chambéry, depuis Pontcharra en auto-stop. Elle n’a jamais été retrouvée.

Les investigations relancées ?

L’affaire Bonfanti élucidée, ces deux autres cold cases, pourraient également être rouverts. D’autant plus que leur proximité géographique interroge sur la possible implication de Yves Chatain, sachant que deux précédentes agressions de femmes lui sont d’ores et déjà attribuées.

En 1979, alors âgé de 14 ans, il avait "agressé une jeune femme sur son vélo". En avril 1985, il a également "agressé une automobiliste par étranglement", indique Boris Duffau, procureur de la République adjoint. Un acte qui lui a valu à l'époque 8 mois de prison avec sursis ainsi qu'une amende de plusieurs centaines de francs.

Interrogé sur les affaires Chevènement et Billoud, Boris Duffau, n’exclut pas de nouvelles investigations :

Évidemment, le travail d’enquête et d’analyse évoqué par le Colonel et par les enquêteurs de la SR a mené à faire des regroupements. Mais pour l’instant, la commission rogatoire et le juge d’instruction n’ont été saisis que pour les faits concernant Madame Bonfanti.

Boris Duffau, procureur de la République adjoint

"Cela n’exclut pas de s’interroger, d’investiguer et d’éventuellement faire de nouveaux rapprochements. Dorénavant, la donne est un peu différente, car nous avons une personne mise en examen soupçonnée d’un meurtre, ça ouvre des perspectives éventuelles", a-t-il ajouté.