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En Isère, une baignade “avec ou sans lolos” pour décomplexer les femmes touchées par le cancer du sein

Les membres de l'association Complètement femme se sont baignées lac de Paladru avec des maillots de bain adaptées, dimanche 7 juillet 2019. / © Christelle Nicolas / France 3 Alpes
Les membres de l'association Complètement femme se sont baignées lac de Paladru avec des maillots de bain adaptées, dimanche 7 juillet 2019. / © Christelle Nicolas / France 3 Alpes

A lac de Paladru, en Isère, l'association Complètement Femme a organisé dimanche une baignade entre femmes ayant subi une mastectomie. Objectif pour ces "amazones" : s'assumer sans prothèse.

Par E.K. avec Ana Koroloff

Pas facile de profiter des joies de la baignade après une ablation du sein. Il y a la pression sociale, la prothèse qui se fait la malle ou encore le choix très limité de maillots de bain. Face à ces défis, l'assocation Complètement femme - l'audace d'être entière après une mastectomie a organisé dimanche matin une opération "Toutes à l’eau avec ou sans lolos" à la plage municipale de Charavines, au bord du lac de Paladru, en Isère.

Souvent, les femmes se voient offrir deux solutions après une mastectomie : une reconstruction de la poitrine par chirurgie ou le port de prothèse à caler dans ses sous-vêtements. Or, celles-ci se révèlent particulièrement désagréables à porter dans l'eau : "je suis très mal à l'aise pour nager avec une prothèse", raconte Valérie Blondeau, co-fondatrice de l'association Complètement femme. 
 

"On reste femme même avec un sein"

Pour les participantes, le but de la baignade était de s'assumer en "amazones". Ces femmes ayant subi une ablation du sein après un cancer ont décidé de ne pas avoir recours à la chirurgie réparatrice et de ne pas porter une prothèse. "Après mon opération, on ne m'a jamais proposé de rester comme ça. Aujourd'hui, on veut prouver que c'est possible. Il suffit de faire changer le regard des autres et de se sentir comme ça parce qu'on reste femme même avec un sein", défend Cathy Liprandi. Pour cette membre de l'association, c'est aussi un moyen de se reconstruire après l'épreuve du cancer : "C'est une façon d'accepter la maladie et tous les traitements qu'on a eu. Et de se dire que la vie continue."

Si les amazones qui s'assument sont rares, elles doivent faire face à des défis techniques. En premier lieu : l'absence de maillots de bain adaptés. Pour pallier ce manque, Pascale Contrino a conçu des pièces réalisées par Lucie Cabanié (Kozokou Création) destinées au quotidien. "J'ai vu des maillots amazone dans des défilés en Finlande ou aux Etats-Unis mais ce sont des versions militantes où la cicatrice est apparente, explique Cathy Liprandi. On a voulu une version pour la vie de tous les jours. Pour des femmes qui vivent, qui nagent, qui sortent..."

L'enjeu est aussi de défier les standards de beauté et revendiquer leur féminité "avec ou sans lolo". "C'est émouvant de se retrouver à plusieurs et de sentir une belle énergie qui vient en nous et qui dit : 'nous sommes amazones, c'est bien comme ça et c'est beau'", s'exclame Valérie Blondeau. 

En Isère on découvre en moyenne 350 cancers du sein par an. C'est le premier cancer féminin à l'échelle de l'Hexagone. Chaque année, près de 20 000 Françaises touchées par le cancer du sein subissent une mastectomie.
 
Reportage : Ana Koroloff et Christelle Nicolas
 

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