CARTE. Eau potable : quelles sont les communes concernées par des fuites importantes en Auvergne-Rhône-Alpes ?

En Auvergne-Rhône-Alpes, 31 communes et un syndicat d'alimentation en eau potable affichent un taux de fuite d'au moins 50% sur leur réseau. L'association Intercommunalités de France, qui a établi une cartographie à l'échelle nationale, plaide pour un transfert de gestion mais certaines communes redoutent une flambée des prix.

Le réseau d'eau potable compte encore de nombreux "points noirs". Quelque 198 collectivités affichent un taux de rendement de leur réseau inférieur ou égal à 50 %. C'est-à-dire que "plus de la moitié de l'eau potable de ce réseau est perdue dans la nature", selon une cartographie nationale révélée mercredi 20 mars par Intercommunalités de France.

"Une grande majorité des services d’eau concernés appartiennent à des petites communes qui gèrent l’eau à l’échelle strictement communale, de manière isolée, en particulier en zone de montagne", fait savoir dans un communiqué l'association d’élus.

En France, 5 667 communes exercent la gestion de l'eau de manière isolée. Elles devront transférer cette compétence à leur intercommunalité à compter du 1er janvier 2026, ainsi que le prévoit la loi, malgré "des velléités de certaines communes, souvent de montagne, (qui) font craindre un report de cette obligation."

Alors que la bonne gestion de l'eau devient cruciale avec le changement climatique, Intercommunalités de France plaide pour le maintien du transfert obligatoire à l'échéance prévue, estimant que "les enjeux sont trop pressants". Moins de la moitié (48 %) des intercommunalités françaises exercent actuellement la compétence eau potable.

Des communes partagées

Parmi les "points noirs" du réseau d'eau, 151 sont en gestion communale isolée dont 31 se trouvent en Auvergne-Rhône-Alpes. Il s'agit principalement de communes de moins d'un millier d'habitants, et quelques-unes affichent des taux de rendement de l'ordre de 10 %.

"Certaines de nos conduites ont plus de 100 ans, donc il y a sûrement des micro fuites qu'on ne détecte pas", reconnaît d'emblée André Tognet, deuxième adjoint au maire de Saint-Étienne-de-Cuines (Savoie). La commune affiche un taux de rendement de 16,6 %, soit près de 84 % de pertes sur son réseau d'eau potable, selon les données de l'Observatoire national des services d'eau.

Mais de nombreux réservoirs, fontaines et bâtiments municipaux ne sont pas équipés de compteurs, ce qui pourrait expliquer ces chiffres. "J'ai refait le calcul en prenant en compte ces éléments et je suis arrivé à un taux de rendement de l'ordre de 56 %", assure l'élu, ajoutant que d'importants travaux ont été engagés sur le réseau.

Quant au transfert de cette compétence à l'intercommunalité d'ici 2026, la municipalité savoyarde est partagée. "D'un côté, il y aura sûrement plus de suivi, on est tous bénévoles au sein de la commune. Mais cela coûtera plus cher, le prix de l'eau va probablement doubler ou tripler", redoute André Tognet, adjoint à la mairie depuis 35 ans.

20 % de fuites sur le réseau

En France, le taux de fuite dans le réseau de distribution d'eau est de l'ordre de 20 %. Il y a un an, Emmanuel Macron avait annoncé un plan de 180 millions d'euros par an pour résorber ces fuites. Au vu de son constat, Intercommunalités de France assure que l'échelon intercommunal est le plus adapté en termes d'investissements.

"Selon la filière française de l’eau, 6,5 milliards d’euros sont investis chaque année (pour le réseau d'eau et l'assainissement). Il en faudrait 15 de plus sur 5 ans pour rattraper le retard d’investissement", assure l'association. "Le sujet de l'eau est un enjeu vital (...). Il est temps d'arrêter de jouer avec l'eau et de s'organiser sérieusement", a martelé le président de l'association Sébastien Martin, lors d'un point presse.

"Certains élus de montagne estiment parfois que l'eau leur appartient et ne veulent pas la partager. Ça ne peut plus durer, il faut arrêter tout ça, il faut s'unir", a abondé Régis Banquet, vice-président chargé de l'eau. "On a pris du retard parce qu'on croyait que l'eau était indéfiniment à notre disposition", a-t-il ajouté, évaluant entre "4 et 5 milliards d'euros par an" le montant d'investissement nécessaire, en plus des 2,3 milliards aujourd'hui mobilisés.

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