Feux de forêt : dans les Alpes, comment éteindre un incendie dans une zone quasi-inaccessible ?

Entre jeudi 27 et vendredi 28, un feu a ravagé 10 hectares de végétation au-dessus du lac du Bourget. Un incendie situé dans une zone escarpée et dangereuse pour les pompiers.
Les véhicules ont du rester en arrière
Les véhicules ont du rester en arrière © France 3 Alpes
Il aura fallu presque une journée entière aux pompiers de la Savoie pour venir à bout d'un incendie qui a ravagé entre 5 et 10 hectares de végétation à Yenne, à l'ouest du lac du Bourget. Ce vendredi 28 août en début d'après-midi, juste avant qu'une pluie salvatrice ne vienne à tomber, les secours ont rangé leurs équipements. Très nombreux et très éparpillés.
 
Car cet incendie s'est déclaré dans une zone escarpée de 15 hectares, au mieux hautement irrégulière, au pire à flanc de falaise, et toujours jonchée de rochers et d'imposantes souches d'arbres. Un casse-tête pour les pompiers, dont le travail est compliqué même en terrain plat.

Ils sont alors obligés d'aller "chercher le feu", comme l'explique Denis Stintzy, le chef des opérations. C'est ce qu'on appelle une "opération commando", ou "opération longue distance", au fonctionnement bien préparé. Première étape : "on sectorise les opérations, à l'arrière du feu, sur le flanc gauche et sur le flanc droit", dans un plan de bataille étudié.

Des centaines de mètres de tuyaux

Ensuite, "on va chercher les départs de feu en posant des établissements hydrauliques, des tuyaux. Les pompes poussent l'eau pour s'approcher au plus près du feu", complète Denis Stintzy. Pour ce faire, le feu d'Yenne a mobilisé trois groupes "feu de forêt", chacun composé de quatre camions. Chaque engin s'engouffre le plus près possible du feu, dans des chemins parfois peu carrossables.
Le plan de bataille de l'opération commando à Yenne ce vendredi 28 août.
Le plan de bataille de l'opération commando à Yenne ce vendredi 28 août. © France 3 Alpes

Les tuyaux font le reste du travail. Des centaines de mètres de caoutchouc déployés sur tout le périmètre, pour encercler le feu et l'empêcher de s'étendre. Le tout quasiment à l'aveugle pour les pompiers : dans les Alpes, il n'y a pas de pistes dédiées aux secours, contrairement aux départements méditerranéens par exemple. Et la visibilité est encore plus réduite la nuit.

Ces opérations peuvent être dangereuses, mais restent heureusement bien connues des pompiers. "Le mot d'ordre, c'est la sécurité des personnels et la coordination, ce qui demande du temps" selon le commandant, ajoutant que "notre secteur de Savoie ne fait pas forcément de gros feux de forêt". A Yenne, deux sapeurs-pompiers, sur les 80 mobilisés, ont été légèrement intoxiqués par les fumées. 

Entre-temps, les risques d'incendies ont baissé dans toutes les Alpes du nord grâce à l'arrivée des pluies, mais la probabilité d'un départ n'est jamais nulle. D'autant que nombre d'entre eux ont une origine accidentelle, que la vigilence peut éviter. C'est le cas du feu d'Yenne, qui semble être parti d'une maison.
 
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