AstraZeneca : "En aucun cas on ne s'attend jeudi à un retrait" selon le Centre de Pharmacovigilance du CHU de Grenoble

L'AstraZeneca est toujours dans la tourmente. Suspendu hier, il a reçu aujourd'hui le feu vert de l'Agence Européenne du Médicament. "Le bénéfice est avéré, il ne faut pas focaliser sur les effets secondaires" acquiesce Jean-Luc Cracowski, professeur en pharmacologie.

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Annulation des rendez-vous, gestion des doses à stocker, appels téléphoniques en cascade, les centres de vaccination n'ont pas chômé ce mardi 16 mars, depuis l'annonce hier de la suspension en France du vaccin Astrazenica, "par précaution"

"La date de péremption des vaccins n'est pas pour demain, ils sont stockés au frais, on peut attendre quelques jours en attendant d'avoir des éclaircissements sur cette histoire d'affaires secondaires, en tout cas, on en perdra pas" rassure le docteur Ophélie Dos Santos, infectiologue reponsable d'un centre de vaccination à Chambéry en Savoie. Pas de grande inquiétude non plus du coté des pharmacies de la ville qui de toute façon "attendent toujours les livraisons".

En attendant, l'Agence Européenne des médicaments a tranché : "Nous sommes toujours fermement convaincus que les avantages du vaccin AstraZeneca dans la prévention du Covid-19, avec son risque associé d'hospitalisation et de décès, l'emportent sur le risque de ces effets secondaires", a déclaré la directrice exécutive de l'EMA Emer Cooke lors d'une visioconférence.

"Le bénéfice est avéré, et l'emporte largement sur les effets secondaires"

A la tête du Centre de Pharmacovigilance du CHU de Grenoble, qui recense et analyse au quotidien les effets secondaires depuis le début de la crise, le professeur en pharmacologie Jean-Luc Cracowski est lui aussi fermement convaincu. "Il faut prendre en compte la balance risques, bénéfices, et ne pas focaliser sur les effets secondaires", estime-t-il. "Le benéfice de ce vaccin, c'est 60% d'efficacité contre toutes les formes symptomatiques de Covid, c'est 75% d'efficacité contre le variant anglais, désormais prépondérant chez nous, c'est aussi en population réelle, avec les derniers chiffres écossais 94% d'efficacité contre les hospitalisations".

"De l'autre côté", poursuit le professeur, "que risque-t-on en général ? Des réactions locales, de la fièvre, dans un cas sur deux, ce n'est pas agréable, mais c'est gérable".

 

" On ne s'attend pas à un retrait jeudi, tout au plus à des précautions pour certaines catégories de personnes"

 

Quant aux thromboses, qui inquiètent tout le monde, le schéma est clair selon Jean-Luc Cracowski "deux types d'événements peuvent se produire, des thromboses veineuses, ou des embolies pulmonaires, des caillots dans les réseaux veineux mais ce type d'effets est en deça de ce à quoi on s'attendait, en revanche, ce qui inquiète particulièrement les Allemands, ce sont des thromboses exceptionnelles associées à une chute des plaquettes, et c'est précisément ce cas de figure qui est en cours de diagnostic et d'investigation", indique-t-il.

Le directeur du Cerntre de Pharmacologie se dit confiant "Les décisions et les communications sont tout de même assez rapides, à l'heure où des dizaines de personnes meurent chaque jour, on ne s'attend pas au retrait du vaccin, il y aura peut-être des précautions supplémentaires préconisées pour certaines catégories de la population".

 

"Je me suis dit qu'il serait judicieux que je me fasse vacciner rapidement"

Ce mardi soir, interrogé sur BFM TV, le Premier ministre s'est dit prêt à se faire vacciner avec AstraZeneca dès que les doutes seraient levés. "Je m'étais fixé une ligne de conduite : me faire vacciner quand mon tour viendra. (...) Mais compte tenu de ce qu'il vient de se passer avec AstraZeneca, je me suis dit qu'il serait judicieux de me faire vacciner avec ce vaccin si le feu vert est donné."

La question sera officiellement tranchée jeudi prochain, à l'échelon Européen.