CCIF, remontées mécaniques, Covid-19... Ce qu'il faut retenir de l'interview d'Eric Piolle à France Info

Eric Piolle, était l'invité de France Info ce samedi 5 décembre, à 8h30. Le maire de Grenoble a évoqué durant près de 30 minutes la plupart des sujets qui font l'actualité : la fermeture des remontées mécaniques pendant les vacances de Noël, la loi sécurité globale ou encore le CCIF.
Eric Piolle, le 20 octobre 2020, à Mulhouse.
Eric Piolle, le 20 octobre 2020, à Mulhouse. © Darek Szuster - MaxPPP

Sur la loi sécurité globale 

"Il y a une fébrilité du gouvernement autour de cette loi. Je condamne toute forme de violences, contre les manifestants, contre les policiers également, mais nous devons retisser un lien avec la police, qui est est un service public.Ce gouvernement fracture le pays.

Il y a énormement d'autres articles qui posent problème. C'est l'ensemble de cette loi qu'il faut retirer et retravailler. Je propose un Beauvau de la confiance sur les conditions de travail de policiers."
 

Sur les violences policières

"Emmanuel Macron est fébrile. On ne peut pas juste accuser quelques policiers. Il y a un problème de doctrine dans l'emploi de la force, il y a plus de 23 personnes qui ont perdu un oeil lors des manifestations des gilets jaunes, il y a tout une doctrine à reinventer."
 

Sur les caméras piéton

"Les caméras piéton, nous avons équipé nos équipages à Grenoble. Dans la loi sécurité globale, il y a un accès direct des policiers à ces enregistrements. C'est une atteinte à la liberté, aux donnés privées, avoir ces flux en direct change la nature du projet de ces caméras qui étaient des élément auxquels on pouvait accéder après coup s'il y avait un problème."
 

Sur les subventions versées par la mairie et la métropole de Grenoble au CCIF 

"Il y a effectivement eu pendant trois ans, 2016, 2017, 2018, une subvention de 1 800 euros, 1 000 euros et 800 euros de la part de la métropole et de la ville de Grenoble, A l'époque nous n'avions pas eu d'alerte de la préfecture. Ce n'était pas directement au CCIF, mais une association connectée. Ces subventions se sont arrêtées puisque les personnes qui bénéficiaient de ces actions n'étaient pas grenobloises. Nous allons demander à cette association le remboursement de ces sommes. Nous nous y étions engagés si le gouvernement obtenait la dissolution du CCIF."

Sur l'islam politique et le djihadisme

"Nous avons un combat commun pour lutter contre les religions en politique. Nous devons lutter contre cet islam politique et les risques djihadistes, deux menaces distinctes, elles peuvent avoir des connexions mais ne relèvent pas du même phénomène. Les moyens mis par ces gouvernements successifs ne sont peut-être pas à la hauteur des enjeux."

Sur la gestion du vaccin contre le Covid-19 par le gouvernement

"Là où nous avons été très critiques sur les masques, où il n'y a pas eu de stratégie collective, avec la loi de la jungle et sur les tests, où la France était en retard, nous pouvons nous réjouir que l'Europe gère les allocations aux différents pays, qu'on fasse attention aux pays en développement. Il faut nous réjouir de cet effort collectif colossal : en moins d'un an, nous avons plusieurs vaccins, cette transparence me semble de bon augure pour avencer vers un espoir majeur."
 

Sur la fermeture des remontées mécaniques pendant les vacances de Noël 

"Je suis totalement solidaire de l'inquiétude des familles et des acteurs économiques dans les massifs. Il y a un sentiment d'injustice, puisque la communication du gouvernement a donné l'impression que c'était inepte.

La fermeture des remontées mécaniques a un objectif : préserver les lits des hôpitaux. A Grenoble, pendant les vacances au ski, il y a une traumatologie qui arrive en masse à l'hôpital. Nous avons encore plus de 300 personnes hospitalisées et plus de 60 personnes en réanimation. Préserver ces lits nécessite la fermeture des remontées mécaniques pendant les vacances."
 

Sur l'écologie au gouvernement

"Cinq ans après la COP21, la France prend du retard, elle n'a pas avancé sur un mix énergétique, sur le développement des énergies renouvelables, sur le plan d'isolation des bâtiments, qui pourtant sont utiles pour le pouvoir d'achat des Français. La France n'est pas à la hauteur des défis qui sont les nôtres, avec cette recentralisation du pouvoir depuis 3 ans. C'est sur le terrain, dans les collectivités locales, dans les villes, les métropoloes que se font les projets de transition écologique.

Il faut tracer un chemin de confiance, nous pouvons retrouver à la fois cette ferveur universaliste et la mettre au service des défis d'aujourd'hui : le réchauffement climatique, les atteintes à la biodiversité, comment préserver le vivant... Des défis qui ont du sens pour nos emplois, pour l'environnement, pour l'égalité sociale et la lutte contre les inégalités. Le gouvernement n'a pas été au rendez-vous au delà des grands discours."
 

L'interview d'Eric Piolle par Myriam Encaoua et Matteu Maestracci sur France Info

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