“CHU de Grenoble : la fin de l'omerta”, le documentaire choc mis en ligne par les lanceurs d'alerte

© Yann Gonon
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Harcèlement, souffrance au travail, un documentaire sur les conditions de travail au CHU de Grenoble vient d'être mis en ligne sur internet. Financé en crowdfunding, il a été commandé par l’Association Passeur d’Alertes.

Par Yann Gonon

Ce n'est pas à la télévision mais sur internet et plus précisément sur youtube que le documentaire a été mis en ligne ce mardi 3 avril 2018. Un reportage de 29 minutes qui dénonce la souffrance du personnel soignant du CHU de Grenoble.

La situation a donné lieu a de nombreux articles et à plusieurs reportages ces derniers mois mais c'est bien un documentaire "choc" qu'ont voulu réaliser les auteurs du film "CHU de Grenoble : la fin de l'omerta". On y découvre les témoignages de plusieurs praticiens, médecins, infirmières et même chefs de service. Tous évoquent tour à tour une "maltraitance managériale" fondée sur la recherche de rentabilité à tout prix, et même des cas de harcèlement.


Le déclencheur : le suicide d'un neurochirurgien



Tout a débuté avec le suicide d'un neurochirurgien de 36 ans le 2 novembre 2017, raconte le documentaire. Ce dernier avait mis fin à ses jours dans son bloc opératoire. "Il était si compétent, si chaleureux" déplorent, au début du film, collègues et patients.

Burn out, arrêts de travail, démissions, la rédaction de France 3 a consacré plusieurs reportages ces derniers mois à la situation.


Le documentaire évoque aussi le rapport Couty, du nom du médiateur national chargé d'enquêter sur le "mal-être" au CHU. "Il y a un certain nombre de choses qui méritaient d'être modifiées" explique-t-il dans le film tout en nuançant ses propos : "je ne condamne pas mais je dis, il faut changer un certain nombre de choses".

 

"on met en danger les patients"



Les minutes passent et le documentaire enfonce le clou. Les témoignages se succèdent. Une anesthésiste déplore : "pas un jour sans qu'on rencontre quelqu'un qui est à bout". Filmée en ombre chinoise, une infirmière dénonce quant à elle la mutualisation : "d'être dispatchée dans plein de services et de changer tous les jours, c'est pas possible, on met en danger les patients". 

Tous les témoignages sont forts. Malheureusement pour le film, personne pour tenter d'apporter la contradiction. Et pour cause explique la voix off : "la direction générale du CHU a refusé de répondre à nos questions et nous a refusé l'accès à l'hôpital".

Mais au fait, qui sont ces "lanceurs d'alerte" qui ont réalisé le film ? Le documentaire consacré au CHU de Grenoble fait partie d'une série baptisée "Hôpital à la dérive", lit-on sur la page facebook de Caroline Chaumet, l'une des 2 réalisatrices. Cette dernière est la fondatrice de l'association Passeur d'Alertes (ex murdesinsoumis), un média dédié aux lanceurs d'alerte. Le film a quant à lui été financé par des donateurs en ligne sur la plateforme de crowdfunding Ulule.

 

Un documentaire à charge ? 



Déjà vu près de 10 000 fois en 3 jours, le film dérange au sein de la direction, qui n'a pas souhaité répondre non plus à nos sollicitations. Le documentaire est vécu comme étant "à charge" et ne prenant pas en compte les modifications apportées depuis. Suite au rapport Couty, la direction du CHU avait annoncé voulir “modifier profondément le mode de gouvernance”.
 


Voici le reportage CHU de Grenoble : la fin de l'omerta mis en ligne sur youtube.
 

 

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