Coronavirus : l'application StopCovid, "dangereuse pour les libertés" selon la Ligue des Droits de l'Homme

Ce mercredi 27 mai, l'Assemblée nationale doit voter oui ou non pour l'application Stopcovid. Depuis deux mois, ce système de traçage via un smartphone est sous le feu de la controverse. La Ligue des droits de l'Homme de Grenoble, l'estime "dangereuse pour la vie privée et les libertés".

Les autorités de Singapour ont déjà développé une application de traçage numérique pour enrayer l'épidémie de Covid-19.
Les autorités de Singapour ont déjà développé une application de traçage numérique pour enrayer l'épidémie de Covid-19. © Catherine LAI / AFP
StopCovid est déjà prête. L'application de suivi des malades du Covid-19 via un smartphone, est en chantier depuis deux mois et suscite de nombreuses critiques. Ce 27 mai, à l'Assemblée nationale, les députés devront se positionner. Dans la métropole de Grenoble, la Ligue des droits de l'Homme s'est adressée aux élus pour demander de « ne pas céder aux passions et à nouveau de refuser de voter ce projet qui […] n’apportera rien à la lutte contre l’épidémie du Covid-19. »

"StopCovid contribue à votre protection et celle des autres", c'est le message qui s'affiche après le téléchargement de l'application. Une fois activée par Bluetooth, elle est capable de repérer tous les smartphones autour de vous dans un rayon de quelques mètres. Une notification arrive. Vous venez de croiser une personne diagnostiquée positive au Covid-19. L’application vous recommandera alors de vous isoler et de contacter votre médecin afin que celui-ci vous prescrive un test. En cas de diagnostique positif, un code vous est transmis pour vous enregistrer dans l'application. 

Face à ce système de traçage, la Ligue des droits de l'Homme de Grenoble s'indigne. Elle estime même que l'application est « dangereuse pour la vie privée et les libertés». Selon l'association, le passage par les services de Google et Apple, représente une menace pour les utilisateurs de StopCovid. "Ils offrent de gré ou de force des données personnelles à ces entreprises".
 
Cependant, le secrétaire d'Etat au Numérique, Cédric O, avait annoncé en avril vouloir exclure du dispositif, les deux géants américains. Une décision qui opte pour un système « centralisé » de fonctionnement de l'application. Cette approche consiste à stocker l’historique des contacts (anonymisés) dans un serveur central, pour que les autorités sanitaires puissent utiliser ces données. 

Toutefois, la méthode pose des problèmes sur les Iphone, qui limitent l’utilisation du Bluetooth pour les applications non actives, afin de protéger la vie privée des utilisateurs, et la durée de vie de la batterie.

  

La question de l'efficacité mise en doute


La Ligue des droits de l'Homme de Grenoble met également en doute la liberté laissée aux Français dans le téléchargement de l'application. Si en principe le téléchargement du système sur son smartphone n'est pas obligatoire, l'association craint des formes de "bonus", comme par exemple des dérogations de déplacement à plus de 100 kilomètres pour les utilisateurs. Une méthode qu’il juge discriminante "vis-à-vis d’une grande partie de la population, et par ailleurs, le consentement ne serait plus libre ».

Quant à l'efficacité de StopCovid, rien n'est garanti estime enfin l'association : "il faudrait qu’au moins 60 % de la population utilise l’application et que tout le monde dispose d’un smartphone », une situation "fort peu probable".

 
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