Coronavirus. "Je n'ai plus une seconde à moi" : joueur au FCG, Jérôme Rey vit son confinement à la ferme

Publié le Mis à jour le
Écrit par Frédéric Lefrançois
Le rugbyman grenoblois Jérôme Rey vit son confinement auprès de ses vaches.
Le rugbyman grenoblois Jérôme Rey vit son confinement auprès de ses vaches. © F.L. / France 3 Alpes

Depuis le début du confinement, Jérôme Rey, joueur du FCG, est privé de rugby. Mais il n’a pas le temps de s’ennuyer. Tout son temps libre, il le consacre à son deuxième métier : l’élevage de vaches.

La suspension du championnat de Pro D2, vendredi 13 mars, a été synonyme d’une grosse baisse d’activité physique pour beaucoup de joueurs de rugby. Mais pas pour Jérôme Rey, joueur au FC Grenoble : "Ah ça c’est sûr que côté entretien physique je suis pas mal. Brasser des kilos de nourriture pour les bêtes, ça compense les heures de salle à soulever de la fonte, mais ce n’est pas pareil au final. Je suis bien actif mais ça ne remplace pas une vraie séance avec le FCG".

Le pilier grenoblois est donc très occupé, car depuis le début du confinement et du temps mort sportif imposé par l'épidémie de coronavirus, il consacre tout son temps libre à son élevage. "J’ai quatre-vingt vaches. Je m’en occupe seul, alors autant dire que je ne m’ennuie pas, plaisante-t-il. Ça demande une grosse attention surtout que dernièrement, certaines ont eu des veaux. En plus, en ce moment, on a aussi beaucoup de travail dans les champs avec les semis de maïs et l’épandage, je n’ai plus une seconde à moi".  

 

Des vaches et 250 poules


Si Jérôme Rey ne court plus après un ballon, s’il est privé de mêlées et de crampons, il n’a en revanche vraiment pas le temps de s’ennuyer. Car en plus de ses 80 vaches, il doit veiller au grain sur 250 poules. "L’air de rien, elles aussi demandent de l’entretien. Il faut souvent les changer de parcelle, elles ont vite fait de tout picorer, précise Jérôme. Je les élève pour leurs œufs et en ce moment je n’ai pas le temps de mettre une date de péremption dessus qu’ils sont déjà vendus". Déjà qu’en période normale la vente aux particuliers marche bien "mais là avec le coronavirus, ça s’est vraiment accéléré".
 

 

"Je ne sais toujours pas quand je vais rejouer"


Surbooké comme jamais, le rugbyman-éleveur vit un confinement et une privation de jeu un peu particulière par rapport à ses coéquipiers. "C’est clair, je ne vois pas le temps passer car ma deuxième activité dévore tout mon temps libre et puis j’ai la chance de vivre un confinement dans un cadre paradisiaque et ça... ça aide beaucoup. Mais même si j’adore mon métier d’éleveur, le rugby me manque", nuance-t-il. Ce qui manque le plus à Jérôme Rey ? "C’est un tout, une ambiance, le groupe, le café du matin avec les potes, les blagues échangées dans le vestiaire mais surtout, souffrir ensemble".

Sevré d’émotions sportives, l’avant grenoblois patiente, espérant qu’elles reviennent prochainement sur le pré "mais sur ce point je n’en sais rien, je n’ai aucune nouvelle sur une date de reprise. Le club ne m’a encore rien dit. Je ne sais toujours pas quand je vais rejouer".

En attendant un retour à la normale Jérôme Rey continue de s’occuper de son troupeau, d’avancer dans les travaux des champs, sans jamais oublier de garder de l’espace-temps pour Mathéo, son fils d’à peine deux ans. "D’habitude il me voit peu à cause du rugby, alors là au moins ça change, je suis aussi là pour lui et puis en plus en ce moment sa maman est pas mal occupée. Elle est infirmière à l’hôpital d’Albertville".
 
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