Coronavirus. Matches de foot suspendus : au GF38, “pour l'instant ça va, mais vivement que ça reprenne”

Le stade des Alpes à Grenoble, terrain de jeu du GF 38 / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP
Le stade des Alpes à Grenoble, terrain de jeu du GF 38 / © JEAN-PIERRE CLATOT / AFP

Pour les joueurs du GF38 l’heure est aussi au confinement. Plus d’entraînement, plus de matches jusqu’à nouvel ordre. Comment vivent-ils cette situation ? Comment occupent-ils leur journée ? Nous avons fait le point avec un joueur père de famille et un autre sans enfant.

 

Par Frédéric Lefrançois

Le dernier match du GF 38 devait se jouer vendredi dernier à Orléans dans un premier temps à huis-clos. Finalement, il a été suspendu, reporté à une date ultérieure. Dans la foulée, les joueurs sont rentrés à Grenoble et puis les choses se sont accélérées jusqu’aux mesures gouvernementales.

Face au confinement annoncé, la direction du GF 38 a laissé le choix aux joueurs de le vivre là où ils le désiraient. Sur l’ensemble de l’effectif, seuls deux joueurs ont quitté le territoire français : Terell Ondaan est reparti en Hollande et Charles Pickel en Suisse, les autres sont restés en famille à Grenoble où sont partis rejoindre leur région d’origine pour ne pas rester seul dans les Alpes.

 

Certains ont décidé de rester à Grenoble


Dans la catégorie « on le vit à Grenoble » on trouve le défenseur Pierre Gibaud, 31 ans, papa de deux enfants et qui pour la première fois depuis longtemps passe donc beaucoup de temps à la maison : « Franchement le premier truc qui me marque c’est que je découvre tout le boulot que ma femme réalise dans la journée ! Je m’en doutais, mais là sérieusement je me rends encore plus compte du travail que ça représente de s’occuper de la maison et des enfants… ».

Habitué à sa routine de sportif professionnel, partagé entre entraînements, collations, mises au vert et matches le vendredi soir, Pierre Gibaud reconnait aussi que « cette nouvelle période désoriente un peu quand même. Tout nos repères temporels ont disparu. Tous les rendez-vous qui nous permettent de savoir où on en est dans la semaine sont suspendus. J’ai déjà du mal à savoir quel jour on est ! »

Bousculé dans ses habitudes, mais positif quand même : « je ne vais pas me plaindre, j'ai la chance d’être en famille, d’avoir une maison avec assez d’espace et puis j’en profite pour m’occuper des enfants. Je suis instit le matin et animateur l’après-midi ! ».

Le défenseur grenoblois essaye donc de voir le bon côté des choses mais il reconnait quand même que déjà ce qu’il lui manque : « c’est la compétition, les matches, les adversaires, perdre/gagner, bref toutes les émotions que me donne ce métier depuis des années, et là je sais que je n’aurai pas ma dose d’adrénaline hebdomadaire. Et puis il y a aussi le collectif, l’équipe… se retrouver ensemble pour toucher le ballon. Il y a un grand espace vert à côté de chez moi, je pourrai y aller pour taper la balle, mais non je n’en ai pas envie ».

A l’heure actuelle, Pierre Gibaud essaye de voir le confinement comme « un grand week-end de 15 jours. J’en profite pour passer plus de temps avec les miens. Mais j’ai quand même hâte que ça reprenne. Et quand ça reprendra, une chose est sûre : on ne verra plus les choses de la même façon, en tout cas ce qui nous paraissait banal et normal reprendra tout son sens et toute sa saveur ».

 

D'autres sont rentrés dans leur famille


Si Pierre Gibaud est resté à Grenoble, ce n’est pas le cas d’Esteban Salles, le 3e gardien de but du GF38. Quand le club a autorisé les joueurs a choisir leur lieu de confinement, il n’a pas hésité un instant « j’ai fait mon sac et je suis parti dimanche en fin de soirée, direction le Sud-Ouest pour y rejoindre ma famille ».
 
Un des gardien du GF 38, Esteban Salles / © GF38/Julien Diaferia
Un des gardien du GF 38, Esteban Salles / © GF38/Julien Diaferia

26 ans depuis la semaine dernière, célibataire, Esteban n’a pas hésité une seconde pour prendre le volant et avaler un peu plus de 700 kilomètres, histoire de retrouver sa mère et son père qui vivent à Eysus dans les Pyrénées-Atlantiques.

« C’était soit rester seul dans mon petit appartement grenoblois à tourner en rond comme un ours en cage, soit passer du temps avec mes parents, au grand air, dans la campagne profonde… j’ai vite opté pour l’option 2 ! ».

Depuis qu’il est arrivé, le gardien ne chôme pas. Il occupe ses journées en donnant un coup de main en réalisant quelques travaux pour rester actif  : « je ne supporte pas de rester à rien à faire, faut que je bouge. Alors ma mère me donne plein de trucs à faire… Et puis l’air de rien elle est super contente que je sois là. Elle a un enfant à la maison, ça la console, puisque ma sœur qui habite à 5 kilomètres de là est confinée chez elle ! ».

Heureux donc d’être avec les siens, mais impatient aussi de voir cet épisode prendre fin : « ma vie à moi c’est de bouger, je suis dehors tout le temps alors c’est sûr que c’est pas simple à gérer. Je m’entretiens tous les jours, je fais des pompes, du gainage, je cours. On a reçu un programme complet du préparateur physique du GF38 et je le suis à la lettre, mais tu ne peux pas tout seul remplacer un staff complet qui s’occupe de toi. Et puis je vais pas commencer à plonger partout dans le jardin, sinon je vais détruire la pelouse ! ».

L’humour est encore là, c’est sans doute la preuve que pour l’instant le confinement se passe sans trop de difficultés. Mais comme le dit Esteban, « pour moi ça se passe bien parce que je ne le vis pas en solitaire. Même s’il n’y a pas de contact physique entre nous, parce qu’on fait attention à tout, il n’empêche que l’on se voit, on se croise, on se parle, il y a une véritable présence humaine. Cela doit être très dur pour ceux qui sont vraiment seuls, j’aurais eu beaucoup de mal à le supporter en solo ».
 

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