Coronavirus : prêche sur Facebook, prières en confinement... Le ramadan particulier des musulmans à Grenoble

Un ramadan sans prière collective et regroupement dans les mosquées a commencé ce vendredi. Confinement oblige, tout se passe par Internet et pourtant, c'est un temps de partage important pour les musulmans de Grenoble.

Un homme priant seul pour le premier jour du ramadan, célébré en plein confinement, à la mosquée de Tours. (Illustration)
Un homme priant seul pour le premier jour du ramadan, célébré en plein confinement, à la mosquée de Tours. (Illustration) © GUILLAUME SOUVANT / AFP
La mosquée du quartier Teisseire, à Grenoble, était complètement vide vendredi 24 avril. Un calme inédit pour un premier jour de ramadan lors duquel les prières collectives sont généralement légion. Mais l'épidémie de nouveau coronavirus a bousculé les pratiques des musulmans de France, qui se sont adaptés au confinement en diffusant notamment le prêche sur les réseaux sociaux.

"Il faut se contenter de ce qu'Allah nous a octroyé, de ce qu'il nous a donné", proclame Mohammed Maghlaoua, imam mosquée El feth de Grenoble, dans une vidéo diffusée sur la page Facebook de l'Association des musulmans unis. Tous les soirs, elle partage des récitations du coran et les prières quotidienne, les Tarawih.

 

Garder le lien


À quelques centaines de mètres du lieu de culte, la famille Berkane participe à ce rituel collectif devant son ordinateur. Pour Lahcen, confiné en appartement avec sa femme Louiza et leurs deux enfants, cette période pourrait paradoxalement renforcer sa foi. "Ca développe chez nous une spiritualité qui va être beaucoup plus grande au fond, c'est-à-dire une spiritualité qui va passer davantage par les sens et qui va, peut-être, consacrer un rapport au créateur beaucoup plus intime, beaucoup plus fort d'une certaine manière", explique-t-il.

Pour les musulmans, le ramadan est un mois "saint", l'un des cinq piliers de l'islam. Pendant cette période, les croyants sont invités à s'abstenir de boire, de manger et d'avoir des relations sexuelles de l'aube jusqu'au coucher du soleil. Les journées de la famille Berkane sont désormais rythmées par les prières et les discussions. "Comment faire vivre cette foi ? On débat. Mon fils et ma femme s'interrogent : comment permettre d'améliorer notre rapport à l'autre tout en étant ici ?", raconte le père de famille.

Malgré le confinement, les initiatives se multiplient pour maintenir le lien entre les fidèles. La mosquée Teisseire de Grenoble a lancé une cagnotte en ligne afin d'acheter des denrées alimentaires "pour que nos bénévoles, depuis leur domicile, préparent des repas pour les personnes dans le besoin vivant seule", dit-elle sur son site. Louiza Berkane et sa fille, Alliyah, proposent même sur Internet des recettes spéciales ramadan, dans l'esprit de "partage" de ce "mois de la charité".
 
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