Isère : de l'hydrogène pour mieux lutter contre le Covid-19, l'Université Grenoble-Alpes lance un appel aux dons

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Écrit par Antoine Belhassen
Un comprimé d'hydrogène pourrait lutter contre les inflammations liées à un infection au Covid-19.
Un comprimé d'hydrogène pourrait lutter contre les inflammations liées à un infection au Covid-19. © FTV

Des chercheurs de l'université de Grenoble-Alpes et du CHU ont lancé un appel aux dons, ce mardi 23 novembre, afin de financer un traitement expérimental : un comprimé générateur d'hydrogène pour prévenir le risque de complications immédiates liées au Covid-19.

Depuis bientôt près d'un an, une petite équipe de chercheurs de l'Université de Grenoble-Alpes et du CHU  travaille sur un traitement novateur pour lutter contre les effets du Covid-19 : l'"Hydrocovid".

Un comprimé capable de générer de l'hydrogène soluble pourrait aider de nombreux patients à lutter contre les inflammations liées au virus. "Il n'y a aucun risque, la molécule est petite, elle se diffuse vite dans l’organisme, dans le sang et le filtre pulmonaire. Elle est capable de capturer les espèces réactives de l’oxygène, des espèces qui déclenchent des mécanismes inflammatoires", expliquait déjà Jean-Luc Bosson, professeur de santé publique à l'Université Grenoble-Alpes, en février au moment de présenter le procédé.

Il précisait : "Attention, elle ne s'attaque pas directement au virus, elle permet à l'organisme de mieux lutter et de réagir."


Un appel aux dons nécessaire

Près de dix mois plus tard, le traitement commence à faire ses preuves. "Nos premiers résultats montrent une différence de 25 % en termes de complications entre un groupe de patients placebos, qui n'a donc pas reçu de l'Hydrocovid, et un groupe de patients qui en a reçu. Nous travaillons en aveugle, donc nous ne pouvons pas affirmer que l'hydrogène est efficace par rapport au placebo, mais la différence observée est bien compatible avec nos hypothèses", témoigne le professeur Philippe Cinquin.

Quelque 300 personnes se sont portées volontaires pour tester ce traitement, encore en phase d'expérimentation. Mais, il en faudrait davantage, explique-t-il ce mardi 23 novembre : "Nous voudrions inclure encore 280 patients afin d'avoir la puissance statistique nécessaire pour conclure."

Nous avons besoin de financement pour continuer les recherches.

Philippe Cinquin, professeur à l'Université Grenoble-Alpes

Pour ce faire, la petite équipe veut exporter le comprimé générateur d'hydrogène à l'international. Après la Serbie, les chercheurs visent désormais la Tunisie : "Ce sont des pays où il pourrait y avoir une demande, où il pourrait être plus difficile qu'en France d'avoir accès à des traitements onéreux. Or, si le traitement est efficace, il coûterait moins de deux euros par jour", précise Philippe Cinquin.

Pour réussir cette internationalisation, un appel au don a été lancé via la Fondation de l'Université Grenoble-Alpes. "Nous avons besoin de financement pour continuer les recherches", ajoute le professeur : "Nous reposons notre travail sur de l'auto-financement. Les pouvoirs publics ont communiqué sur notre projet mais n'ont pas apporté un soutien financier. Depuis le début, il n'y a pas eu d'appel à projet pour des recherches thérapeutiques de cet ordre en France."

L'équipe iséroise en appelle donc à la générosité du public pour finaliser l'étude de l'"Hydrocovid", ce comprimé effervescent qui pourrait prévenir le risque de complications immédiates. Vous pouvez trouver plus d'informations sur le site de l'étude. La cagnotte en ligne, elle, est accessible sur le site Internet de l'université de Grenoble-Alpes

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