Grenoble : des habitants dénoncent des rodéos urbains à répétition

Les plaintes d'habitants se multiplient au sujet des rodéos urbains à Grenoble et dans son agglomération depuis le déconfinement. La police n'a pas constaté de recrudescence, mais des plans sont mis en œuvre pour prévenir ces méfaits.
A Grenoble, de nombreux habitants alertent sur les rodéos urbains qui se feraient de plus en plus nombreux. (Illustration)
A Grenoble, de nombreux habitants alertent sur les rodéos urbains qui se feraient de plus en plus nombreux. (Illustration) © Joël PHILIPPON / MAXPPP
Traces de pneus sur les trottoirs et vidéos de rodéos urbains dans l'agglomération de Grenoble. Les images et plaintes d'habitants se succèdent sur les réseaux sociaux pour dénoncer ces comportements à risque. Mercredi 3 juin encore, la police annonçait l'interpellation d'un homme de 21 ans suite à un rodéo motorisé survenu peu après 21 heures sur l'avenue Jean Perrot à Grenoble.

De Lille à Nantes en passant par la banlieue parisienne, ces méfaits ont perduré ces dernières semaines, souvent en dépit du confinement. Le ministre de l'Intérieur, Christophe Castaner, a annoncé lundi 25 mai avoir confié à deux députées une mission de réflexion afin d'élaborer un nouveau plan de lutte contre les rodéos urbains.

A Grenoble, des plans ont déjà été mis en action pour lutter contre ce fléau, a-t-on appris de source policière. La police s'est réorganisée "pour ne pas les laisser proliférer" après le déconfinement au vu de la situation dans d'autres agglomérations françaises.

"Nous devons, a souligné Christophe Castaner, relever, plus encore, le défi des saisies des véhicules, en nous appuyant davantage sur le renseignement et l'enquête judiciaire. Car en confisquant les motos, les quads et les scooters des délinquants, nous les privons de leur capacité à nuire, à se mettre eux-mêmes en danger".

 

"Travail en commun"


Dans l'agglomération grenobloise, les rodéos urbains "ne datent pas d'hier", nuance-t-on à la municipalité d'Echirolles. La Ville dit "travailler en collaboration étroite avec la police nationale pour trouver des solutions". Une demande de renforts policiers a par ailleurs été formulée par plusieurs municipalités pour lutter notamment contre ce fléau, sans réponse à ce jour.

Au sein de la police, il n'a pas été constaté de recrudescence depuis la levée du confinement, mais "les interventions (restent) plus difficiles dans certains secteurs". C'est le cas dans le quartier de l'Arlequin où "les personnes peuvent plus facilement prendre la fuite et échapper à la police".

"Un travail en commun est réalisé par les municipalités concernées pour résoudre ces questions de manière durable", poursuit cette même source à la Ville d'Echirolles. Dans les grandes agglomération, des cellules sont dédiées au renseignement, la saisine des motos et leur destruction. Désormais, le ministre de l'Intérieur veut "renforcer l'ensemble du dispositif, évaluer (la loi de 2018), voir les forces et les faiblesses, voir si l'on doit réorienter nos services".

En France, pendant le confinement, "les interventions pour des faits de rodéos urbains ont augmenté de 15%", selon Christophe Castaner. Il a tenu à préciser qu'il ne s'agissait "pas nécessairement d'une hausse du nombre de rodéos mais d'un changement des pratiques : les rodéos en groupes plus importants, comme une bravade supplémentaire à la loi, se sont multipliés". Au cours de cette période, "337 infractions ont été relevées".

 
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