Grenoble : la piste Tempovélo des quais de l'Isère supprimée à cause de l'augmentation des bouchons

La piste Tempovélo installée le long de l'Isère va disparaître dès ce lundi. La métropole et le Smmag invoquent des problèmes d'embouteillages, quand le maire de Grenoble estime que le moment est mal choisi.
Elle canalisait les tensions entre cyclistes et automobilistes. La piste Tempovélo des quais de l'Isère, à Grenoble, va être supprimée lundi 2 novembre. Courant sur près de 2 kilomètres le long de la rive gauche, du quai Créqui au quai Jongking, elle a causé "une importante dégradation des conditions de circulation".

Cette piste cyclable temporaire avait vu le jour au moment du déconfinement pour inciter les habitants à opter pour le vélo plutôt que les transports en commun. Sur les 18 kilomètres de voies cyclables supplémentaires qui avaient été installées dans la métropole grenobloise, celle-ci faisait l'objet de toutes les controverses.

En cause, des embouteillages démultipliés, remontant parfois jusqu'à la Porte de France. Car cette piste avait réduit les voies de circulation à une au lieu de deux sur la rive gauche. Travaux de l'A480, inquiétude des acteurs économiques du territoire, difficultés des services d'urgence à rejoindre le CHU... Autant de raisons invoquées par Grenoble-Alpes métropole et le Syndicat mixte des mobilités de l'aire grenobloise (Smmag) pour expliquer le démontage de la piste.
 

 

"C'est une blague ?"


Une décision qui intervient à la fin de sa période d'expérimentation. Mais ce choix est loin de faire consensus, surtout chez les élus locaux, en raison du moment choisi pour la supprimer. En plein reconfinement du pays.

Le maire écologiste de Grenoble Eric Piolle s'interroge : "Dites M. Le président Laval, supprimer la piste cyclable des quais de l'Isère spécialement dédiée au confinement... Le 1er lundi du confinement. C'est une blague ?" Sur Twitter, il demande des explications au vice-président de Grenoble-Alpes métropole tandis que d'autres élus de la majorité municipale s'indignent.
 
Deux adjoints au maire disent ne pas avoir été prévenu de cette décision. La Métro affirme de son côté qu'une rencontre a été organisée avec Gilles Namur, en charge des espaces publics à la ville de Grenoble, pour lui "exposer la situation concernant cette tempovélo".

"Toujours plus absurde, toujours plus arbitraire, toujours plus de mépris : la marque indélébile de la macronie", écrit Antoine Back adjoint aux risques, prospective, évaluation et nouveaux indicateurs. Interrogé par Le Dauphiné Libéré, le vice-président de Grenoble-Alpes métropole et nouveau président du Smmag Sylvain Laval tempère : "Il existe une piste de vélo de l'autre côté des quais. Ce n'est pas comme si l'on enlevait tout."

Dans un communiqué, la métropole indique qu'"une réflexion est engagée avec la commune de Grenoble et les différents acteurs pour sécuriser davantage les déplacements piétons et cycles sur cet axe (...) Une nouvelle configuration de tracé cycle et de voirie est envisagée en rive gauche".
 

Au moment du déconfinement, l'ancien président du Smmag Yann Mongaburu ambitionnait de faire passer 100 000 personnes au vélo, mettant en place de nouveaux aménagements pour laisser plus de place aux cyclistes. Grenoble-Alpes métropole fait aujourd'hui état d'"une hausse de 40 % [de la pratique cyclable, NDLR] entre septembre 2019 et septembre 2020".

Bon nombre d'aménagements provisoires installés dans la métropole, notamment sur les axes Jean-Perrot, Champon-Berthelot, Marie Reynoard et Clémenceau-Flandrin à Grenoble, vont être prolongés ou pérennisés. D'autres à Seyssinet-Pariset et Saint-Martin-d’Hères ont d'ores et déjà été supprimées.


Mise à jour - A la suite de la parution de notre article, la Métro a précisé qu'une rencontre avait été organisée avec Gilles Namur au sujet de l'avenir de la piste cyclable.

 
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