Grenoble : comment les usagers vont être incités à privilégier le vélo dès le déconfinement

Un Métrovélo dans le quartier Notre-Dame à Grenoble. (Illustration) / © Lisa MARCELJA / MAXPPP
Un Métrovélo dans le quartier Notre-Dame à Grenoble. (Illustration) / © Lisa MARCELJA / MAXPPP

Une série de mesures a été dévoilée ce samedi pour mettre l'accent sur la pratique du vélo à Grenoble. Elles seront mises en place pour le déconfinement.

Par Margot Desmas

Le vélo, moyen de transport à privilégier après le confinement ? C'est tout du moins l'ambition du Syndicat mixte des mobilités de l'aire grenobloise (SMMAG), qui lance un vaste plan pour inciter les habitants de Grenoble et ses alentours à opter pour les déplacements à bicyclette dès le 11 mai.

L'épidémie de nouveau coronavirus est moins virulente, mais le défi consiste à ne pas relancer les contaminations au moment du déconfinement. "L'un des enjeux qu'il nous faut poser, c'est la peur de reprendre les transports en commun, car ce sont des lieux plus confinés où la proximité peut être plus importante", a souligné Christophe Ferrari, président de Grenoble-Alpes Métropole, lors d'une conférence de presse samedi 2 mai. Distanciation, port du masque... D'importantes mesures sanitaires vont être mises en place dans les transports collectifs.
 

Mais les élus métropolitains ne veulent pas non plus assister au "grand retour de la pollution automobile". Reste alors le vélo et la marche à pied, qui vont être encouragés par une série de mesures. Au total, ce sont "100 000 personnes qu'il faut faire passer du transport public vers la bicyclette", ambitionne le président du SMMAG, Yann Mongaburu. Voici ce qui va être mis en oeuvre pour y arriver.

 

18 km de pistes cyclables supplémentaires


Après les Chronovélo, voici venir les Tempovélo. Ces "pistes cyclables transitoires" sont à l'étude sur les communes d'Echirolles, Fontaine, Meylan ou encore Saint-Martin-d'Hères. Environ 18 kilomètres de voies "sécurisées" réservées aux vélos, désignées par des plots ou un marquage au sol, devraient voir le jour d'ici le déconfinement.

"Ces pistes emprunteront, sur une large partie de leur tracé, les axes des lignes de transports structurantes" comme les voies de bus ou de tramway, indique le SMMAG dans un communiqué. Mais pas seulement. Dans certaines rues, la circulation sera aménagée pour laisser la place aux cycles.
 

"Il y aura des gabarits de voiries qui vont évoluer pour assurer le flux de véhicules, leur nombre étant largement plus faibles qu'en temps normal, il permettront leur passage tout en prenant des espaces pour les vélos", a avancé M. Ferrari, assurant qu'il n'y aurait "pas de conflit d'usage". Le déploiement d'une Tempovélo a ainsi été entamé le long des quais de l'Isère à Grenoble.

Le président de la Métropole a également indiqué que des places de stationnement allaient être "neutralisées" pour laisser place au vélo. "Il nous faudra être attentif à ce que tout cela soit cohérent pour faciliter la vie des gens", a-t-il ajouté, évoquant des discussions avec les commerçants du centre-ville.

Ces pistes provisoires pourraient même devenir durables dès septembre, selon la volonté des maires. "Certains ont déjà dit leur volonté que ces aménagements puissent avoir une pérennité", a affirmé Yann Mongaburu.

 

Tout pour se remettre en selle


Pas évident de se remettre en selle quand son vélo prend la poussière au fond du garage. Pour séduire ces potentiels cyclistes, "huit tutoriels vont être mis en ligne (...) pour aborder les différentes pratiques pour entretenir et réparer son vélo", a annoncé Dominique Flandin-Granget, vice-présidente aux transports de la communauté de communes du Grésivaudan. Des ateliers de réparation devraient également voir le jour en relation avec des associations, ainsi que des "cours de remise en selle avec la possibilité de revoir les règles de sécurité à vélo".

Et pour ceux qui n'en possèdent pas, une "centaine de vélos et trottinettes électriques vont être déployés à Grenoble et sur le domaine universitaire" de Gières. L'ambition est "d'attirer de nouveaux usagers et potentiellement les garder tout au long du déconfinement", affirme le président de la Métropole.
 

Pour accompagner l'essor de ce moyen de transport, le gouvernement offre également un coup de pouce aux personnes prêtes à adopter le vélo pour se déplacer au quotidien : un forfait de 50 euros pour faire réparer sa bicyclette d'occasion.

Les réparateurs seront référencés sur une plateforme de la fédération française des usagers de la bicyclette, disponible à partir du 11 mai. Une aide qui s'inscrit dans un plan plus global de 20 millions d'euros, qui servira aussi à financer des places de stationnement temporaires et des formations pour apprendre ou réapprendre à rouler à vélo.

 

Métrovélo "nouvelle génération"


Les vélos jaunes vont s'offrir une nouvelle jeunesse. Yann Mongaburu promet un service Métrovélo "nouvelle génération, au plus près des habitants" à l'occasion du déconfinement. Ces appareils, que l'on peut louer pour une durée allant d'un jour à un an, vont être déployés autrement.

Un camion se déplaçant sur une vingtaine de sites dans l'agglomération, une remorque itinérante dans le Grésivaudan, un conteneur... L'idée est de "livrer les vélos réservés" par les usagers sur Internet "soit en autonomie chez soi, soit avec l'aide d'un agent", a expliqué Dominique Flandin-Granget.

 

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