Grenoble : une grève touche l'usine Minitubes depuis près d'une semaine, la production au ralenti

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Une semaine après avoir lancé leur grève, la centaine de salariés de l'entreprise Minitubes, située sur la ZAC (Zone d'aménagement concerté) Technisud de Grenoble, ne désarment pas. Au centre de leur mouvement : la question de l'augmentation des salaires. Les plus anciens salariés de l'usine s'estiment défavorisés vis-à-vis des intérimaires récemment embauchés.

"On veut une revalorisation des anciens". Kamel Dhakouani, le représentant syndical CGT chez Minitubes, une entreprise familiale leader dans la production de tubes pour stents médicaux et diagnostics in vitro, dit n'avoir rien contre les quelque 200 intérimaires de l'entreprise. Mais il milite fermement pour que l'expérience et les responsabilités assumées par ceux qu'il appelle "les anciens" soient reconnues et récompensées en conséquence.

"Ceux comme moi, qui ont dix ans d'ancienneté par exemple, se retrouvent souvent avec au moins 40 euros de moins sur leur fiche de paye. Compte tenu du parcours que l'on a dans l'entreprise, ce n'est pas juste", explique-t-il.

Une crise de croissance perturbée par l'inflation

Le différend salarial entre anciens et nouveaux venus dans l'entreprise (500 salariés CDI et CDD contre 170 à 200 intérimaires) est venu compliquer les négociations salariales annuelles (NAO) en cours actuellement. Les syndicats regrettent une augmentation globale de "seulement 6,1 % (...) alors que l'entreprise se porte très bien".

Le vent des affaires favorable n'est pas nié du côté de la direction, qui affiche +10 % de croissance de l'activité chaque année. La direction assure "une réelle volonté d'augmenter les salaires", explique Matthieu Porte, le directeur général de Minitubes. "On est dans une phase de forte croissance depuis plusieurs années pour accompagner nos clients du secteur médical, ce qui nous oblige à recruter en permanence (une centaine d'embauche en 2022, ndlr)."

"On change de taille, de méthodes de travail, d'organisation. Ça engendre au sein de l'entreprise une perte de repères des salariés", poursuit Matthieu Porte.

"On n'a pas spécialement augmenté les salaires des nouveaux entrants. Mais la réalité, c'est qu'avec une inflation à 6 % et l'augmentation du SMIC qu'elle induit, ça vient automatiquement augmenter des salaires de base. D'où des écarts entre personnels qui peuvent apparaître dans les grilles de salaires des entreprises", ajoute pour sa part Pascal Hans, le directeur du seul site français du fabricant.

Une centaine de salariés en grève

Quoiqu'il en soit de la conjoncture économique, avec une centaine de salariés en grève et un piquet de manifestants en quasi-permanence devant l'entrée de l'usine, la production sort au ralenti depuis lundi dernier.

"On viendra soutenir les équipes du week-end pour que la grève continue", promettent de leur côté les grévistes.

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