Isère : le pont Esclangon, fermé à la circulation, sème la discorde entre Grenoble et Fontaine

La circulation est partiellement fermée sur le pont Esclangon, qui relie Grenoble à la ville de Fontaine, depuis cet été. Ce mercredi 20 octobre, les élus fontainois ont organisé une manifestation pour demander sa réouverture, initialement prévue début septembre.

Deux villes séparées par un pont de la discorde. Entre Grenoble et Fontaine, le pont Esclangon, qui enjambe le Drac, est l'objet d'une bataille entre les deux communes depuis début septembre. Ce mercredi 20 octobre, une centaine de manifestants se sont retrouvés sur les lieux pour manifester contre la fermeture partielle de la route.

Cet été, des travaux de rénovation et sur les conduits de gaz ont été menés. Le passage devait de nouveau être emprunté à partir du 10 septembre. Mais, au moment de la réouverture, la mairie de Grenoble a pris un arrêté municipal pour maintenir les obstacles sur la route dans le sens Grenoble-Fontaine.

Ce pont à moitié ouvert a fait descendre dans la rue les élus fontainois et plusieurs dizaines d'habitants : "Le pont est fermé pendant deux mois sans que la ville de Fontaine ne soit prévenue. Je trouve que c'est un manque de respect. C'est un pont qui relie deux communes, le minimum serait, d'au moins, prévenir la ville voisine. On est toujours mis devant le fait accompli. Aujourd'hui, ça suffit, on se mobilise pour dire stop", s'indigne Franck Longo, maire de Fontaine.

"Une communication un peu faiblarde"

Du côté de la ville de Grenoble, les élus affirment que les discussions ont bien eu lieu : "Il y a eu, en effet, un arrêté pris au mois d'août avec une communication un peu faiblarde avec la ville de Fontaine. On a raté le coche. Mais depuis, on s'est rencontrés à plusieurs reprises pour discuter et pour sécuriser le passage des vélos", explique Gilles Namur, adjoint Mobilités à la Ville de Grenoble.

Nous sommes en attente d'une solution sécurisée sur le pont Esclangon, pour le moment elle n'est pas mise en place.

Gilles Namur, adjoint Mobilités à la Ville de Grenoble.

La priorité pour l'élu : sécuriser le passage des quelque 1 000 cyclistes qui empruntent le pont du Vercors, situé à 300 mètres plus au nord, et fermé pour des travaux d'aménagement.

"Dès que l'on a une solution sur le pont du Vercors, il n'y aura plus besoin d'un arrêté qui ferme Esclangon. C'était le deal. Nous sommes en attente d'une solution sécurisée sur le pont Esclangon, pour le moment elle n'est pas mise en place, elle n'est même pas arrêtée en terme de discussion. La ville de Grenoble, les services de la commune de Fontaine et la métropole discutent sur cette solution", poursuit Gilles Namur.

Le pont devrait donc être fermé à la circulation jusqu'à ce qu'une solution plus viable soit trouvée pour les cyclistes. Pour le moment, seuls des marquages au sol et des plots permettent la circulation des vélos. La colère des habitants de Fontaine illustre surtout les difficultés de communication entre deux villes politiquement opposées, alors qu'elles disent soutenir, toutes les deux, la mobilité douce.

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