Point de deal devant une école maternelle à Échirolles : droit de retrait, présence policière… Ce que l'on sait sur la situation dans le quartier

Le personnel périscolaire de l'école maternelle Elsa-Triolet, à Échirolles, a exercé son droit de retrait après l'installation d'un point de deal devant l'établissement. Une enquête a été ouverte par le parquet de Grenoble tandis que la préfecture a annoncé un renforcement de la présence policière.

Un point de deal s'est installé devant une école maternelle à Échirolles, suscitant une vague d'inquiétudes dans le quartier Essarts-Surieux. Le personnel périscolaire de l'école Elsa-Triolet a exercé son droit de retrait tandis que la préfecture annonce un renforcement de la présence policière dans le secteur. Voici ce que l'on sait.

Un point de deal "délocalisé"

Ce point de trafic de drogue s'est installé devant l'école maternelle, dans le secteur du Gâtinais, à la suite d'une première intervention antistupéfiants dans le même quartier deux semaines auparavant. L'opération "place nette" a permis une vingtaine d'interpellations, mais le trafic a repris quelques jours plus tard.

"Quand on reste sur le terrain, le point de deal s'estompe ou se délocalise et quand on s'en va, il revient. C'est ce qu'il s'est passé" à Échirolles, explique Stéphane Gianesello, délégué départemental adjoint du syndicat Alliance police nationale Isère.

"Tout le monde s'imagine l'issue dramatique qu'il pourrait y avoir sur un règlement de comptes en pleine journée devant une école. C'est plus sensible que d'autres points de deal", ajoute le policier.

Des agents exercent leur droit de retrait

La délocalisation du point de deal aux portes de l'école a poussé le personnel périscolaire de l'école Elsa-Triolet à exercer son droit de retrait. L'établissement reste ouvert mais "les accueils du matin et du soir ainsi que le service de restauration scolaire" ne sont pas assurés, a indiqué la municipalité.

"C'est plus qu'une ligne rouge qui est franchie à côté d'une maternelle avec des tout-petits de 3 à 6 ans à l'intérieur", déclare la maire (PCF) d'Échirolles, Amandine Demore. "On travaille avec les personnels pour un retour au travail dans de bonnes conditions", ajoute l'édile en apportant son soutien aux agents concernés.

Les services de police municipale et de prévention sont par ailleurs chargés d'accompagner "chaque entrée et chaque sortie de l'école le matin comme l’après-midi", sur demande de la maire. Le droit de retrait du personnel périscolaire a été maintenu ce mercredi 27 mars, et ce jusqu'à "nouvel ordre".

Présence policière renforcée

Une réunion d'urgence s'est tenue mardi en présence de la maire d'Échirolles, du préfet de l'Isère, du procureur de la République de Grenoble et du directeur académique des services de l’Education nationale.

Un "renforcement de la présence policière" a été annoncé dans le secteur pour une "sécurisation renforcée aux abords de l'école". Le parquet de Grenoble a par ailleurs "ouvert une enquête sur les menaces proférées à l’encontre du personnel de l’école."

Un groupement local de traitement de la délinquance (GLTD) a également été créé. Ce dispositif vise à cibler les actes de délinquance dans un quartier particulièrement touché en coordonnant l'action des forces de l'ordre et des services de justice.

Le "cercle infernal" du trafic

"Malheureusement, on enlève quelques têtes, ils sont parfois emprisonnés et cela provoque des guerres de territoire comme à Saint-Bruno [un point important du trafic à Grenoble, NDLR]. C'est un cercle infernal, donc il nous faudrait de gros moyens pour endiguer le trafic à long terme", assure Stéphane Gianesello. Le quartier Essarts-Surieux fait régulièrement l'objet d'interventions des forces de l'ordre pour démanteler des points de deal et ainsi "déstabiliser le trafic".

"C'est un vrai fléau et il faut mettre les moyens pour que les habitants de ces quartiers puissent retrouver de la sérénité", demande la maire d'Échirolles. La municipalité annonce accentuer le déploiement de nouvelles caméras de surveillance dans ce secteur. Plus d’une centaine sont déjà installées sur l’ensemble du territoire de la commune.