Primaire écologiste : Eric Piolle "convaincu" que l'écologie peut rassembler les candidats de gauche

Le maire de Grenoble Eric Piolle débattait vendredi soir sur Mediapart de la stratégie à adopter après la primaire des écologistes. Lui veut rassembler la gauche autour de la candidature EELV, ce qui n'est pas le cas de tous ses concurrents.
Les cinq candidats à la primaire des écologistes.
Les cinq candidats à la primaire des écologistes. © Mathieu Herduin / LA NOUVELLE REPUBLIQUE / MAXPPP

Les cinq candidats à la primaire écologiste ont chacun livré la stratégie de leur potentielle campagne présidentielle. Lors d'un débat organisé vendredi 10 septembre sur Mediapart, tous ont refusé par avance un retrait au profit d'un autre candidat de gauche.

Le maire de Grenoble Eric Piolle a estimé qu'il lui faudrait "avancer étape par étape" : "après la primaire, nous devrons créer une dynamique. Les électeurs qui vont découvrir la candidature écologiste vont se dire 'Wow c'est ça l'écologie, je ne m'y attendais pas', ça fait tomber les préjugés, ça ouvre les chakras".

"Nous verrons ensuite à Noël quelles seront les dynamiques (à gauche), moi je suis convaincu qu'elle sera écologiste", a-t-il ajouté. D'autant que pour lui qui prône l'union de la gauche autour d'un "arc humaniste", l'écologie est ce qui permet de rassembler autour d'elle "Insoumis, socialistes et citoyens, alors que les Insoumis ne veulent pas se mettre derrière les socialistes" et inversement.

"Vous décrivez les conditions de la défaite, rester sur l'électorat de gauche", lui a rétorqué l'entrepreneur Jean-Marc Governatori. Selon lui, le candidat devra aller chercher "les écologistes de droite, du centre, de gauche", mais aussi les écologistes qui ne sont pas positionnés, ce qui porte l'électorat potentiel à "20 millions d'écologistes" selon lui.

 

"Tambouille" d'alliances

Pour sa part, la députée Delphine Batho a affirmé que la présidentielle serait un "référendum pour continuer la croissance destructrice ou pour la décroissance". Conséquence selon elle, "une espèce de sauve-qui-peut où on se serre les coudes" en cherchant une "tambouille" d'alliances à gauche - un espace actuellement fractionné en de multiples candidatures - ne fonctionnera pas.

L'ancienne vice-présidente de la région Hauts-de-France Sandrine Rousseau a aussi mis en garde contre "l'addition des logos" : "Il y a une très forte demande d'alliance de toute la gauche chez les électeurs, je l'entends et il faudra y réfléchir. Mais pas maintenant et peut-être même pas d'ici la présidentielle (...). On a trop perdu en ambition" dans des coalitions, par exemple lors de la participation des Verts au quinquennat de François Hollande. Sandrine Rousseau pense que la présidentielle "va se jouer sur les valeurs" : "pas d'écologie sans cohésion sociale forte, un discours extrêmement fort, de vérité avec une incarnation".

De son côté, l'eurodéputé Yannick Jadot a assuré qu'il n'y aurait pas de retrait du candidat écologiste, comme lui en 2017 au profit du candidat socialiste Benoît Hamon. Désormais pour lui, "le seul logiciel qui soit propulsif, celui qui nous réconcilie avec l'avenir, et réconcilie les Français entre eux, c'est l'écologie. Les autres ont trop transigé autour des réformes indispensables". Il a prévenu : "Nous allons rassembler autour de l'écologie : ni une dilution ni un repli identitaire". Le premier tour de la primaire aura lieu en ligne du 16 au 19 septembre.

 

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