Télétravail : solitude, frustration, angoisse, colère... comment ne pas craquer lors du 3e confinement

La crise sanitaire n'en finit pas et le moral des troupes est en berne en ce début de troisième confinement du pays. Alors que le télétravail devient la norme, on vous explique comment mieux vivre l'isolement et résister à la frustration et à la déprime.

Voilà déjà plus d'un an que l'épidémie de Covid-19 a débuté et que les entreprises qui le peuvent ont recours au télétravail pour limiter les risques de transmission du virus. Mais alors que le troisième confinement débute, le moral des troupes est au plus bas. Pour vous aider à vivre au mieux cette nouvelle période de travail à distance, nous avons recueilli les conseils de Caroline Cuny, docteure en psychologie et professeure à GEM (Grenoble Ecole Management).

 

Constat sur la situation

Caroline Cuny l'a constaté lors d'études menées par Grenoble Ecole Management à l'occasion des deux premiers confinements. Le moral des télétravailleurs a changé. Alors que la situation était plutôt bien acceptée lors du premier confinement, les ressentis négatifs ont été plus nombreux au second. 

En mars dernier, les travailleurs à distance se sentaient dans l'ensemble plutôt efficaces dans leur travail. Ils étaient souvent satisfaits de ne plus perdre de temps dans les trajets, de pouvoir s'organiser. Ils trouvaient même parfois dans le travail un moyen d'échapper au stress de la peur du virus.

En novembre en revanche, la situation n'était plus la même. Les ressentis négatifs étaient beaucoup plus nombreux que lors du premier confinement. Il y avait moins d'inquiétudes et de peurs par rapport au virus mais plus de frustration, de colère, de sentiment d'isolement et de solitude. Et les sentiments positifs comme le bonheur, qui peuvent impacter la qualité du travail, étaient beaucoup moins présents. Alors pour mieux vivre ce troisième confinement, tirons les leçons des deux premiers.

 

Comment lutter contre l'isolement 

Il faut à tout prix rester en lien avec les autres, explique Caroline Cuny. Il faut trouver un moyen de remplacer les échanges informels que l'on pouvait avoir avec ses collègues en se croisant dans un couloir ou autour de la machine à café pour prendre des nouvelles, rire un peu... Il est nécessaire de prendre du temps pour celà à la fin d'une réunion par exemple, en échangeant des SMS ou des messages via le réseau interne de discussion de l'entreprise... Et il ne faut pas hésiter à proposer son aide aux collègues. "Cela nourrit nos besoins fondamentaux", explique Caroline Cuny.

 

Comment lutter contre la frustration et la contrariété

Depuis le début de la crise sanitaire, nous vivons au jour le jour, suspendus aux décisions du gouvernement. Impossible de prévoir. Impossible de garder le contrôle des événements. Pour lutter contre le sentiment de frustration et de colère parfois que ces incertitudes provoquent, un remède : pratiquer régulièrement une activité que l'on peut faire et sur laquelle on garde le contrôle. Gym, piano, cuisine ou jardinage... peu importe. Il faut prévoir, dans son emploi du temps, un moment pour pratiquer une activité simple que l'on maîtrise, explique la psychologue. 

 

Comment lutter contre la sursollicitation

Enfin, pour garder la tête froide et rester efficace, il faut savoir faire des pauses. Elles doivent être prévues dans votre emploi du temps. Caroline Cuny conseille le partage d'agendas. Plus facile ainsi de programmer des rendez-vous ou réunions en fonction des disponibilités de chacun. 

Pour que les pauses soient bénéfiques, il faut réussir à s'échapper dans sa tête. On peut s'aider de podcasts ou de vidéos qui proposent des instants de méditations et nous emmènent en pensée dans la nature ou sur une plage. "Notre cerveau adore ça. Ca créé des émotions positives", précise Caroline Cuny.

Et si une pause digne de ce nom n 'est pas toujours possible, n'hésitez pas à vous mettre en veille ne serait-ce qu'une minute. Une étude sur les micro-pauses et la charge mentale réalisée par GEM a montré que lors d'une séance de travail intensif de 45 minutes, deux poses d'une minute chacune permettaient aux salariés d'être plus performants et moins fatigués au terme de la séance.

Et les enfants ?

Pas possible évidemment d'envisager de travailler de 8 heures à midi et de 14 heures à 18 heures non-stop avec des enfants à la maison. Ils ont besoin d'attention. Il faut pouvoir leur en donner. Alors on s'adapte. On peut essayer de moduler ses horaires, commencer plus tôt, travailler en soirée ou pendant la sièste.

On peut aussi chercher des solutions en famille. Car même les petits peuvent comprendre la situation si on leur explique. Et ensemble, on élabore des stratégies. Créer par exemple des signaux qui permettent de savoir quand il ne faut absolument pas déranger et quand on peut éventuellement venir poser une question. Caroline Cuny suggère que l'enfant soit mis à contribution pour dessiner les panneaux. Il pourra les utiliser aussi pour lui.

Mais soyons réaliste, travailler à la maison avec des enfants en bas âge à garder... c'est vraiment compliqué !

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